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Au plus loin de l’histoire du travail, celles et ceux exerçant un même métier ont éprouvé le besoin de se regrouper en association… Les Collèges romains, Confréries du Moyen âge, Corporations de l’Ancien Régime et le Compagnonnage ont été quelques-unes des concrétisations de ce besoin. Les Corporations, florissantes du 15e au 18e siècle, regroupaient les maîtres, les compagnons et les valets. Réglementation rigoureuse, cloisonnement, privilèges constituaient un obstacle à toute évolution économique. Le Compagnonnage qui se développe du 17e au 19e siècle, regroupe exclusivement des salariés appartenant pour l’essentiel au même métier ou à des métiers voisins. Il est empreint d’un esprit de solidarité, parfois teinté de religion, qui s’affirme notamment lors du Tour de France au cours duquel le compagnon parfait sa formation, et est assuré d’un accueil et d’une embauche pendant tout son voyage.

 

La Révolution française n’a pas seulement renversé un régime politique, elle s’est aussi attaquée aux communautés de métiers, ouvrant la voie à de nouvelles relations sociales inscrites dans un nouvel ordre économique. Les Corporations furent abolies, avec la volonté d’une liberté totale pour assurer les droits égaux de tous les citoyens. Il s’agit de faciliter les évolutions économiques en prenant le parti du libéralisme : « Il n’y a plus que l’intérêt particulier de chaque individu et l’intérêt général… C’est aux conventions libres d’individu à individu, à fixer la journée pour chaque ouvrier » (loi Le Chapelier 1791).

 

La condition ouvrière connaît une période dramatique avec le développement des manufactures aux conditions de travail dramatiques, pour des salaires de misère. Les révoltes se multiplient, dont celle des Canuts au cri de « vivre en travaillant ou mourir en combattant ». La répression est sauvage. C’est dans ces années que Flora Tristan s’engage dans un « tour de France » de la souffrance ouvrière dont elle tirera entre autres la leçon que : « L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ».

 

Si les ouvriers participent aux journées de février 1948, ils n’en retirent aucun progrès social. Il faut attendre 1864 pour qu’une loi supprime le délit de coalition. Si le droit d’association reste prohibé, des associations se créent, tolérées par le gouvernement, certaines se fédèrent : cuirs et peaux, typographie, chapellerie… En cette même année, le Manifeste des soixante, tout en s’opposant à l’action gréviste revendique l’expression politique du salariat pour « assurer son émancipation » dans une « société future fondée sur le droit commun ».

 

En 1864 encore, se crée à Londres le 28 septembre l’Association internationale des travailleurs, héritière du chartisme anglais et issue de l’Adresse des trade-unionistes anglais aux ouvriers français et du Manifeste des soixante. Sa déclaration, rédigée par Karl Marx, se termine par « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous. » L’AIT regroupe partis, syndicats et coopérative et milite pour « la protection, le progrès et le complet affranchissement de la classe ouvrière ». Elle soutient des grèves, ce qui lui vaut procès et dissolution en 1868.

Les grèves se multiplient en 1869 et les premiers mois de 1870 voient une activité grandissante de l’Internationale qui revendique 275 000 adhérents et dont les sociétés ­ouvrières s’implantent partout, dans tous les métiers. La guerre de 70, suivie de l’insurrection communarde et de la sanglante répression versaillaise, interrompt brutalement mais momentanément la marche vers la construction du mouvement syndical.

Dès 1875, on comptait 135 chambres syndicales. Si le congrès de Marseille en 1879 marque un tournant vers le collectivisme, les fédérations ouvrières refusent toute inscription du syndicalisme dans la loi, de crainte de la mise en place d’un contrôle policier. En 1881, on compte 138 associations patronales.

Le 21 mars 1884 est promulguée la première loi autorisant les syndicats et leur regroupement en unions. En 1892, à Marseille, est adoptée la nécessité de la grève générale pour assurer l’émancipation des travailleurs ; en 1894, à Nantes, est décidé que le congrès suivant serait organisé par un Comité national composé de trois membres de la Fédération des bourses du travail et de trois membres de la Fédération des syndicats et d’un membre de chaque fédération d’industrie. La Confédération Général du Travail est sur les rails…...

120 ans que la CGT existe !!!

 

source

 

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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