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Emmanuel Macron vient à nouveau de s’illustrer par des déclarations dignes de la droite la plus libérale. Après avoir ravi le MEDEF en attaquant les 35h, l’ancien banquier d’affaires vient de s’attaquer au statut des fonctionnaires. Cette stratégie du bouc émissaire, largement utilisée sous Sarkozy, vise avant tout à ce que les regards se détournent de l’échec total du gouvernement en matière économique et sociale, en particulier sur le front de la lutte contre le chômage.

 

Précisons  tout d’abord que l’un des principes régissant la carrière des fonctionnaires est celui de la garantie de l’emploi, et non celui de l’emploi à vie, qui relève du domaine du mythe. « Le statut du fonctionnaire est une manière de garantir son indépendance : la fonction passe avant la hiérarchie. » Un fonctionnaire n’est pas un salarié. Comme son nom l’indique, le fonctionnaire se doit de remplir une fonction. Il ne touche pas un salaire, mais un traitement.

 

Les fonctionnaires assurent votre sécurité dans la rue, organisent le système judiciaire, enseignent à vos enfants, garantissent la neutralité des services publics dans la santé ou la culture. Ce sont eux qui collectent l’impôt et qui supervisent et contrôlent la qualité des aliments que vous achetez en grandes surfaces. Ils veillent à la bonne application de la loi. Ils sont chargés de superviser l’écriture des décrets, de contrôler les budgets publics. Ils sont militaires, chercheurs, magistrats, policiers, médecins urgentistes, inspecteurs du travail, enseignants.

 

Ces fonctions ont été jugées trop importantes pour être laissées au secteur privé. Dans le secteur privé, les salariés sont recrutés par un employeur afin d’accomplir une tâche. Lorsque cette tâche est terminée, le salarié peut être licencié ou muté à un autre poste. Si le travail du salarié déplaît à son employeur, il peut également être muté ou licencié. Dans la fonction publique, il est impossible de licencier un fonctionnaire qui accomplit correctement son travail. Tant qu’il remplit sa fonction, le fonctionnaire est inamovible, son statut est une manière de garantir son indépendance et la possibilité de s’opposer à des décisions contraires au bien public et aux finances publiques sans avoir l’épée de Damoclès du licenciement au dessus de sa tête.

 

En 2003, le Conseil d’Etat a rappelé que les principes statutaires fondamentaux de la Fonction publique, dont la garantie de l’emploi, sont « destinés à assurer l’égal accès aux emplois publics, à garantir les fonctionnaires contre l’arbitraire et le favoritisme et à donner à la puissance publique les moyens d’assurer ses missions sur tout le territoire dans le respect des règles d’impartialité et de continuité ». La garantie de l’emploi est donc, dans le cadre républicain, un moyen d’assurer aux usagers un service public rendu de manière impartiale, par des agents préservés des pressions politiques et partisanes.

 

Au travers les déclarations du ministre de l’Économie, c’est bien le risque d’une instrumentalisation partisane de l’administration qui est posé, et donc la notion même de service public pour l’intérêt général. Au-delà de la fonction publique, la déclaration de Macron soulève l’enjeu de la pérennité de l’emploi dans notre pays, pour lui et son gouvernement la précarité doit devenir la norme, dans le public comme dans le privé. Dans sa logique libérale, le salarié n’est rien, seul compte l’entreprise et l’actionnaire !

 

Vincent Bolloré peut à sa guise licencier l’ensemble du personnel de Canal + et réorganiser entièrement la programmation de cette chaîne pour défendre les intérêts de son groupe ou de ses amis politiques. Il est impossible en revanche à Robert Ménard de licencier tout le personnel de la Ville de Béziers en réorganisant l’ensemble des services publics municipaux afin d’y accomplir ses objectifs personnels et politiques. La différence entre Canal + et Béziers ? Le statut des fonctionnaires.

 

 

« Ceux qui n’ont pas le courage de lutter devraient au moins avoir la décence de se taire »…José Marti

 

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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