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Plus il y a de chômeurs, moins il y a de couverture, est-on tenté de dire... Pourtant la dernière convention Unedic, conclue fin 2008 par les «partenaires sociaux» (enfin, par le patronat et la seule CFDT), était censée élargir celle-ci à un plus grand nombre de privés d'emploi. On s'aperçoit qu'il n'en est rien.

La CGT, qui avait refusé de signer le texte, reconnaissait que si le nouveau système d'indemnisation («filière unique») était plus souple et profiterait plus vite à certains, il allait cependant réduire la couverture de beaucoup d’autres : le syndicat évaluait à 63% le contingent de chômeurs dont la durée d'indemnisation serait raccourcie de 1 à 9 mois (ex filières B et C).

De fait, l'année dernière, 850.000 personnes ont déjà épuisé leurs droits dans un contexte désastreux où le marché du travail, complètement atone, a provoqué l'explosion du chômage de longue durée (inscrits depuis plus d'un an : +27,8% soit un tiers des listes de Pôle Emploi). Et dans une projection de croissance molle et sans emplois, 1 million se retrouveront dans le même cas en 2010.

On sait que, parmi ces pauvres en devenir, quelque 40% ont droit à un revenu de remplacement (ASS ou RSA, 460 € maximum par mois => Lire en commentaire) et que les 60% restants n'ont droit à rien du tout. Les «partenaires sociaux» planchent actuellement sur cet épineux dossier, qui comprend aussi la prolongation de l'Allocation équivalent retraite (AER).

L'armée des ombres

Au 31 décembre, toutes allocations confondues - chômage, solidarité-Etat (ASS, AER…), formation (dont CRP et CTP) et préretraites -, l'Unedic couvrait 2.653.000 personnes contre 2.330.200 un an plus tôt, soit une hausse de 13,9%. Plus précisément, le nombre d'allocataires indemnisés au titre du chômage (ARE) et de la solidarité-Etat s'est élevé à 2.453.700, soit +12,7% en glissement annuel. Pourtant, sur l'année 2009, le contingent des catégories ABC - 3,8 millions de chômeurs, inactifs ou en «activité réduite», priés d'effectuer des «actes positifs de recherche d'emploi» - s'est enrichi de 588.000 inscrits, soit un bond de 18,2%. Le compte n'y est pas.

Revenons au 850.000 chômeurs ayant épuisé leurs droits l'année dernière. Si 40% d'entre eux est passé à l'ASS ou au RSA, on comprend que les 500.000 autres, ne pouvant prétendre à aucun minima social, cesse peu à peu de pointer à Pôle Emploi : se faire harceler sans contrepartie financière, ça va un temps ! Ces départs volontaires, qu'on peut englober dans le volume croissant de «cessations d'inscription pour défaut d'actualisation» - 196.800 fin décembre, soit 40,9% des motifs de sortie de Pôle Emploi ! - ont forcément un impact sur les statistiques. Avec les 600.000 laissés-pour-compte attendus en 2010 (peut-être moins si les partenaires sociaux réussissent à s'entendre sur une prolongation exceptionnelle de la durée d'indemnisation ou un assouplissement des conditions d'accès à l'ASS), le phénomène va perdurer.

Ainsi, en 2010, va-t-on assister à ce paradoxe : les chiffres de Pôle Emploi vont se «stabiliser» alors qu'il y aura toujours autant de chômeurs… dont une quantité faramineuse aura sombré dans la grande pauvreté et, en prime, sera exclue des statistiques officielles. Ainsi le «halo» du chômage, dont on ne parle jamais, va doubler de volume.

Et grâce à ces nouveaux chômeurs invisibles, le gouvernement pourra sauver les apparences et se vanter d'avoir redressé la situation… alors qu'il n'en est rien puisque, selon certains économistes, la France devrait connaître un chômage élevé pendant au moins 5 ans. Haut les cœurs !

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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