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L'inquiétude du personnel de Nexans à Fumay était fondée. La direction du groupe a annoncé, hier, la suppression de 53 emplois dans la Pointe.

 

NOUVEL et énième coup dur pour le tissu économique ardennais. Réunis, hier à Paris, à l'occasion d'un comité central d'entreprise convoqués par Nexans France, les représentants du personnel des treize sites français de cet ensemble industriel ont appris la fermeture de l'unité de Chauny (240 employés sur le carreau) et les mesures de suppressions d'emploi qui vont frapper, d'ici quelques semaines, Fumay (53 salariés concernés), Mehun (49), Lyon (42), Jeumont (13) et Clichy (10). Plus le réseau vente (7 personnes).
Plus gros employeur de la cité de l'ardoise (258 salariés), Nexans va donc, après beaucoup d'autres, procédé au dégraissage de ses effectifs. Aucun détail n'a encore été communiqué sur cette procédure qui suivra son cours le 30 septembre prochain lors d'un nouveau CCE prévu dans la capitale. Conformément aux dispositions légales.
Ce matin, à 10 heures, un comité d'entreprise d'information permettra peut-être, après coup, au personnel, d'en savoir un peu plus sur cette restructuration. Mais, dès hier, la nouvelle de cette procédure a jeté un certain froid dans la Pointe des Ardennes.
« On avait beau s'attendre, après les bruits les plus pessimistes, à une telle mesure, supprimer 20 % de l'effectif représente une sacrée saignée. C'est un plan d'une grande ampleur. Après Chauny, on remarquera que Fumay est l'unité la plus touchée », nous confiait, avec une certaine amertume, Dominique Sciot (FO), dès la sortie de la réunion.
Rappelant que Fumay avait déjà perdu 125 emplois en 2003, le délégué syndical se voulait vigilant. « Les éléments qui nous ont été donnés par la direction générale laissent à penser que l'exercice 2010

s'annonce aussi difficile, notre inquiétude reste donc totale quant à l'avenir du site ardennais ».
Une envergure qui surprend
Eugenio Pirronitto, délégué syndical CGT, organisation majoritaire au sein de l'entreprise, qualifie ce plan d'« inacceptable ». « Et nous comptons faire des contre-propositions pour limiter au maximum la casse. Maintenant, on va attendre d'en savoir plus sur la finalité de ce projet et les secteurs qui seront touchés. Afin de voir si cette mesure d'envergure est réellement justifiée ».
Selon nos sources, ce sont des postes à l'assemblage, au tressage (un secteur qui emploie essentiellement des femmes), au pairage, au gainage et, très probablement, à l'isolation qui seront visés. Les services indirects ne seront pas épargnés par ce lourd wagon de licenciements.
Le maire socialiste de la ville (4.086 habitants), Jean Blanchemanche, pas encore au courant de l'évolution de ce dossier au moment où nous l'avons joint, réagissait ainsi à chaud sur une décision qui fragilise le moteur économique de la cité ardoisière.
« On savait depuis le début de l'année que Nexans se trouvait dans un contexte délicat en ayant perdu 30 % de son activité au point d'avoir eu recours au chômage partiel (46.000 heures sur neuf mois en 2009). Et on se demandait à quelle hauteur, l'entreprise allait subir ce marasme. Désormais, nous sommes fixés. C'est un nouveau cas douloureux pour notre secteur géographique ».
A Fumay, Nexans travaille pour la téléphonie privée et fabrique plusieurs types de câbles : le « lan » destiné au bâtiment et aux réseaux informatiques, le « Datacom » pour la communication ADSL et le câble « géophysique » pour la recherche

pétrolière.

Pascal REMY
Source : L'UNION

Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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