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En juillet dernier, l'État est entré au capital de Nexans via un fonds d'investissement à hauteur de 58 millions d'euros. Où est passé l'argent ?

 

58 millions d'euros, c'est le montant de l'argent public (celui du contribuable) qui a été injecté dans le groupe Nexans en juillet dernier.
Le fonds stratégique d'investissement (FSI), dont les parts se partagent entre L'État et la Caisse des dépôts et consignation, a pris 5, 07 % du capital de l'entreprise.
L'objectif du FSI est de « prendre des participations minoritaires dans des entreprises françaises porteuses de projets industriels créateurs de valeurs et de compétitivité pour l'économie ». En clair, l'investissement se fait théoriquement dans des boîtes qui font tourner l'économie française.
Les 220 salariés de chez Nexans à Chauny et les 53 de Fumay apprécieront ce coup de pouce de l'État qui, finalement, n'a pas évité leur mise à la porte.
« Nous n'avons pas vocation à investir dans des plans de sauvetage. Nous travaillons sur le long terme dans une stratégie de développement. Par ailleurs, lorsqu'il y a un plan social, nous ne sommes pas là pour bloquer la stratégie de l'entreprise même si nous avons un droit de vote et que nous sommes présents au conseil d'administration. Dans ce cas-là, nous veillons simplement à ce que l'accompagnement des employés et les reclassements se passent le mieux possible », explique-t-on du côté des bureaux parisiens du FSI.
Alors, à quoi sert-il ? Après avoir investi avec des fonds

propres, la question est de savoir si l'objectif de cet investisseur public n'est pas de spéculer en bourse, comme d'autres le font à titre personnel ?
Quand l'État se sucre
Il faut savoir qu'au moment de l'achat en juillet, l'action Nexans coûtait 34 €. Hier, elle valait 57 €, ce qui représente une plus-value de quelques dizaines de millions d'euros… sans commentaire.
Chacun peut voir là que l'État, qui dénonce les licenciements à tour de bras, ne manque pas de « se sucrer » au passage sur le dos des salariés via ce fonds d'investissement !
Que les salariés se rassurent. Selon la direction de Nexans France, « l'investissement du FSI va nous aider à consolider notre actionnariat, mais l'argent n'est pas là pour investir dans des unités déficitaires. La problématique de Chauny (*) était déjà connue et y mettre de l'argent n'aurait rien changé. Cette prise de participation contribue à développer notre stratégie à travers le monde en se positionnant vis-à-vis des concurrents ». Comme ça, c'est dit.
Avec le FSI et Nexans, c'est un peu le remake amer de Prends l'oseille et tire-toi. Voilà qui ne devrait pas apaiser les rancœurs des salariés.


Samuel PARGNEAUX (source l'union)


(*) Le 17 septembre, la direction de Nexans annonçait la fermeture de ses deux sites chaunois (220 salariés) et la suppression de 53 emplois, sur les 258 salariés du site

fumacien.

Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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