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La fin d’une sombre affaire

Pour son anniversaire, Nicolas Sarkozy espérait un autre cadeau. Après l’affaire Proglio, la taxe carbone, cela fait beaucoup.

Par Jean-Paul Piérot

L’affaire Clearstream, ce long et rocambolesque roman noir, dans lequel se côtoyaient hommes de l’ombre et hommes de main, spécialistes des manoeuvres de basse police à l’ère de l’informatique, des disques durs et des listings dénonciateurs, fut servie pendant des mois à l’opinion publique. Les confessions d’un ancien officier du renseignement alimentèrent les colonnes du Monde presque simultanément aux auditions dans le bureau du juge. Un climat délétère entoura la guerre de succession de Jacques Chirac, le combat pour le leadership de la droite entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Avec l’affaire des faux listings mentionnant le nom de Nicolas Sarkozy, la lutte pour le pouvoir a pris un tour de guerre de clans, puis de règlement de comptes après l’élection présidentielle. Il était temps, vraiment, qu’elle prît fin, que la justice agît sereinement et indépendamment des désirs du président de la République. C’est chose faite, et quiconque est attaché à la démocratie et ne confond pas politique avec mauvais coups ne peut que s’en féliciter.

La pression fut forte. Et certains dérapages particulièrement scandaleux, venant du chef de l’État lui-même : « les crocs de boucher » promis aux accusés, désignés par Nicolas Sarkozy sous le nom de « coupables » devant la presse internationale en septembre dernier aux États-Unis. En relaxant son ancien concurrent dans la course pour le pouvoir, en rejetant la demande du procureur, les juges adressent de fait un coup de semonce à l’égard d’un pouvoir politique enclin à souhaiter une justice, sinon aux ordres du moins « compréhensive » à ses désirs. Pour son anniversaire, Nicolas Sarkozy espérait un autre cadeau. Cette nouvelle déconvenue survenant après les remous provoqués par la double casquette de M. Proglio, la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe carbone, cela fait beaucoup en quelques semaines.

Et voilà donc M. de Villepin délesté de son handicap de condamné présomptif en capacité désormais de jouer un rôle au sein de la droite. Cela survient au plus mauvais moment pour Nicolas Sarkozy. Le mécontentement de l’opinion déteint sur une partie des élus de l’UMP, lassés d’entendre les récriminations des électeurs quand ils se rendent dans leurs circonscriptions. La suppression de la taxe professionnelle, l’impôt carbone, mais aussi la réduction des services publics dans les zones rurales ont été l’occasion de sourdes colères, voire de certains votes imprévus à l’Assemblée et au Sénat.

Villepin sort incontestablement renforcé à l’issue de ce procès et Nicolas Sarkozy, pour s’y être engagé sans retenue, s’en trouve d’autant plus affaibli qu’il se retrouve une nouvelle fois en concurrence avec l’ancien premier ministre de Jacques Chirac. Celui-ci a commencé quelques visites sur le terrain et ne cache pas son intention de se poser en recours pour la droite en 2012. Il n’est nullement besoin d’être grand clerc pour interpréter sa déclaration d’hier : « Je veux servir les Français. » Sans doute compte-t-il surfer sur l’image négative de l’actuel président pour faire oublier qu’il fut le premier ministre qui tenta d’imposer le CPE, ce contrat qui précarisait particulièrement les jeunes. Il préférera sans doute réactiver le souvenir de l’homme qui s’opposa à la guerre en Irak en plein Conseil de sécurité de l’ONU. À droite, donc, François Bayrou ne sera plus le seul antisarkozyste. Mais ce n’est pas dans ce cercle que le monde du travail peut nourrir le moindre espoir. C’est d’une vraie gauche dont il a besoin, celle qui fait front.

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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