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Première analyse du discours du Président de la République

lors de sa conférence de presse du 16 mai 2013 

 

 

Le bilan de l’an I et l’Europe :

Le Chef de l’Etat a commencé sa présentation sous forme de compte-rendu de sa rencontre avec le collège des commissaires européens dont il tire les enseignements suivants :

·         L’Etat français a démontré sa crédibilité budgétaire par des mesures de compétitivité et une réforme du marché du travail.

·         La crise financière est derrière nous, les causes ont été régulées et jugulées  (n’est-ce pas surréaliste ?).

·         Le problème n’est plus la crise financière, mais c’est la récession provoquée par les politiques d’austérité.

Forte de ce bilan, la Commission européenne, qui « a commencé à voir les causes et les menaces » a octroyé un délai de deux ans pour ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB.

Le Président de la République est donc allé remercier la Commission européenne !

Et, en même temps, qu’il dénonce les politiques d’austérité comme responsables de la récession, il s’empresse de valoriser son bilan de la première année de gouvernement par ces mêmes politiques d’austérité :

·         Baisse des dépenses publiques,

·         Allègement du « coût » du travail, avec les 20 milliards de cadeau fait aux entreprises au travers du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE),

·         L’ANI, devenu aujourd’hui « loi de sécurisation de l’emploi ».

Dans son bilan, il estime avoir maîtrisé la finance, au travers de la loi bancaire et de la création de la banque publique d’investissement (BPI).

Une loi bancaire censée séparer l’activité de dépôt de l’activité spéculative, sans donc s’attaquer en profondeur à l’activité spéculative, aux paradis fiscaux, à l’évasion fiscale.

La banque publique d’investissement (fusion d’Oséo et de la CDC), qui en rassemblant 6 milliards de fonds, est bien loin d’avoir les capacités de financer une politique d’investissements ambitieuse.

Dans son bilan, le Président confirme vouloir sauvegarder le modèle social et réparer les injustices. Une des premières mesures à prendre serait de voter la loi d’amnistie des syndicalistes, ce qu’il vient d’empêcher.

L’an II : l’offensive !

Le Président de la République annonce une série de mesures à prendre au niveau européen pour dit-il « sortir l’Europe de sa langueur ».

·         Il va proposer d’instaurer un gouvernement européen économique, qui se réunirait tous les mois, avec un Président sur un mandat long. Il annonce donc un abandon de souveraineté nationale, sur une série d’enjeux qui sont au cœur de la politique économique, sociale et fiscale de notre pays.

·         Un plan d’insertion des jeunes financé par un budget européen d’un montant de 6 milliards d’euros, à se répartir entre 27 pays !!!

·         Une stratégie européenne d’investissement basée sur de nouvelles filières industrielles.

·         Une politique énergétique européenne basée sur la coordination des énergies renouvelables.

·         Une nouvelle étape d’intégration budgétaire.

Il propose la mobilisation de toutes les forces pour l’emploi en confirmant l’inversion de la courbe du chômage pour la fin de l’année.

Les « grandes mesures novatrices » :

·         100 000 emplois d’avenir, élargis au privé : l’argent public va une nouvelle fois financer les emplois dans les entreprises privées,

·         75 000 contrats de génération,

·         La mobilisation des entreprises avec le CICE, et hop encore un coup d’argent public, 

·         La loi découlant de l’ANI pour éviter les plans sociaux !

Il annonce un plan d’investissement sur 10 ans confié au Premier Ministre, autour de quatre grandes filières d’avenir sans aucune indication de montant et d’incitation à la création d’emplois stables dans ces filières :

·         Numérique,

·         Transition énergétique,

·         Santé,

·         Transport.

Dans les moyens de financement avancés figurent de nouvelles  privatisations, appelées pudiquement « cessions de participations publiques ».

Les perles du discours : 

·         « C’est en voyant loin que l’on change la perception du présent… »

·         « La bataille ne sera gagnée dans la durée que si la croissance revient… »

 

Un Président en mouvement pour un choc de simplifications administratives :

Il annonce relancer la construction de logements et la création des entreprises par des simplifications administratives, sans dire lesquelles et comment, si ce n’est par le silence de l’Administration qui vaudra autorisation et  non refus. Une façon de « redéployer » les effectifs de la Fonction publique, et sans doute moins de contraintes pour les entreprises !

Négociation formation professionnelle :

Il définit les contours d’une négociation sur la formation professionnelle des chômeurs  avec la volonté d’instaurer une formation dès les premiers mois de chômage, sans aucune proposition de financement.

Silence assourdissant sur une revalorisation du SMIC, et la relance du pouvoir d’achat est réduite au déblocage de la participation pour les salariés qui en bénéficient (de l’ordre de 2 millions !).

Donc : pas de  relance par l’investissement, ni par la consommation, conditions indispensables de la croissance. Le chômage n’est pas près de diminuer !

 

Dossier retraites :

Le dossier retraites mené à la hussarde avec une fin de concertation à la fin de l’été et justifié par le seul angle du déficit des régimes, chiffré à 15 milliards d’euros (20 milliards en 2020).

Les grandes options :

·         Prendre modèle sur l’accord signé sur les régimes complémentaires de retraite qui prévoit la désindexation des pensions par rapport aux prix, donc la baisse des pensions.

·         Travailler plus longtemps, sous prétexte de l’allongement de la durée de vie, donc allongement de la durée de cotisation.

·         Aucun mot sur la prise en compte de la pénibilité.

 

Conclusions :

L’inscription durable dans les politiques d’austérité sociale, pas de mobilisation des richesses créées par le travail pour relancer l’économie, la mobilisation des entreprises étant réduite à une mise à disposition du crédit impôt compétitivité emploi (CICE).

En clair, pas de changement de cap !

 

 


Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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