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DES deux projets de reprise qu'il avait à examiner pour le sauvetage d'Oxame Porcher, le tribunal de commerce de Sedan a très vite donné hier sa préférence à celui ficelé par Leszek Oldakowski, gérant de la société luxembourgeoise « Malo Investissement ».
Le futur repreneur avait définitivement finalisé le matin-même son plan de cession en obtenant 300 000 euros d'aides publiques venant à hauteur égale (100. 000 euros) du Département, de l'Etat et de la Région. Par ailleurs, il avait aussi levé les ultimes obstacles concernant la restitution d'un matériel à un tiers et l'acquisition pour 70 000 euros d'un immeuble appartenant toujours à Louis Terrier.
Ces dernières incertitudes aplanies et le montage financier paraissant acquis, Me Stackler, l'administrateur judiciaire, a estimé qu'il s'agissait là, malgré un prix de cession insuffisant (15 000 euros), d'une « bonne proposition dans la mesure où elle permet de préserver trente emplois sur quarante-cinq. C'est une solution presque inespérée qui a le mérite d'exister. »
« Cette offre même modeste est suffisamment solide pour recevoir votre approbation », a ajouté le substitut du Procureur, Frédéric Roascio.

« Il aurait été criminel… »


Même s'ils sont dans l'ensemble soulagés par ce happy end, les salariés ont exprimé leur scepticisme quant à la solution industrielle retenue. « On n'a pas le sentiment que tout soit bouclé », a même déclaré leur avocat, Me Leostic.
Des doutes que Leszek Oldakowski a tenté de lever lors de son intervention devant la juridiction ardennaise pour présenter son programme. Issu de la profession, celui qui était client d'Oxame depuis deux ans et demi a rappelé que Revin restait le seul site français à fabriquer des baignoires en fonte émaillée.
« Et ce serait criminel de laisser à l'abandon cet outil de travail et des pièces pérennes dans le temps et d'une garantie de vie de quinze ans. Des atouts qui nous permettront de relancer la machine. Le problème jusqu'alors est que les ventes « low cost » se faisaient à perte. Désormais, il faudra nous mettre au diapason des concurrents en améliorant la rentabilité et en faisant des marges.»
Son projet passe par une restructuration de la production tant dans les méthodes que dans les effectifs (30 postes sauvés sur 45 existants). Il vise à produire 10 000 baignoires haut de gamme et à importer de Chine des coques baignoires brutes pour concevoir à Revin d'autres baignoires bas de gamme, cette fois.
« Nous avons déjà des marchés à prospecter au Qatar, au Liban et en Australie. Le carnet de commandes va très vite se remplir. A condition de travailler dans les règles de l'art et de diviser notre poste énergie et achats de moitié. Je suis confiant en l'avenir et je prévois de dégager des bénéfices d'ici deux ans », assure Leszek Oldakowski qui prétend que trois postes supplémentaires seront créés à l'émaillage en cas de montée en puissance de la production.
L'entrée en jouissance du fonds industriel est fixée au 2 novembre.
Parmi le personnel rescapé, figurent 22 opérateurs, trois cadres et trois agents de maîtrise.
Totalement arrêtée depuis juillet, la production devrait tout doucement se remettre en route.
La première fusion est programmée le 18 novembre. Même si Louis Terrier pouvait se féliciter « d'avoir empêché la vente d'Oxame à l'encan », quinze personnes auront encore été laissées au bord de la route…

 

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Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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