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Le principal suspect du double attentat dirigé contre les institutions et la gauche norvégiennes a milité au sein de l’extrême droite pendant plusieurs années. Car au pays du prix Nobel de la paix, les groupuscules racistes et néo-nazis foisonnent. Un avertissement pour le reste de l’Europe ?

 

Anders Behring Breivik, l’homme suspecté d’avoir organisé un attentat à la bombe contre le Premier ministre social-démocrate norvégien et une attaque au fusil d’assaut contre des jeunes militants du Parti travailliste, a été membre pendant huit ans, de 1999 à 2007, du Parti du progrès (Fremskrittspartiet, FrP), principale composante de l’extrême droite norvégienne. Anders Behring Breivik, qui vilipendait, sur ses pages Internet, les sociétés multiculturelles en général, et les musulmans en particulier, a même été responsable d’un groupe local de la jeunesse du parti. Le FrP s’est développé de la même manière et à la même période que le FN. Créé en 1973, le parti est fondé par des sympathisants fascistes. Son discours vise la minorité lapone ou les immigrés, le tout teinté d’ultra-libéralisme. En constante progression depuis 1989, le FrP est désormais la deuxième force électorale du pays avec 23% des voix.

« Le Fremskrittspartiet est un parti raciste et populiste : il réclame en effet l’arrêt des dépenses soi-disant causées par l’immigration et celles occasionnées par la participation de la Norvège à l’aide internationale. Le racisme n’apparaît pas directement dans son programme, mais dans les liens qu’entretiennent ses dirigeants avec les autres organisations d’extrême droite norvégiennes et surtout dans leurs déclarations publiques : ainsi, le parti a récemment suggéré d’interdire la circoncision des petits garçons », explique l’association antifasciste Réflexes dans un focus sur l’extrême-droite norvégienne, publié au début des années 2000, à l’époque où Anders Behring Breivik en était l’adhérent.


Stériliser les étrangers


Ces autres organisations d’extrême droite sont alors nombreuses : le Parti de la patrie (FLP), nationaliste et anti-immigré, mais qui n’arrive pas à concurrencer le FrP sur le terrain électoral, l’Alliance électorale blanche, dont le leader Jack Erik Kjuus voulait stériliser les étrangers et obliger les femmes immigrées enceinte à avorter, le Parti de l’unité patriotique norvégienne (NPE), suspecté d’abriter d’anciens SS norvégiens... Et une kyrielle de groupuscules plus ou moins ouvertement néo-nazis, antisémites ou d’inspiration païenne. Bref, de quoi inspirer de jeunes militants du FrP frustrés par l’institutionnalisation grandissante de leur formation politique et le lissage de son discours.

Si ces groupuscules ne dépassent pas quelques dizaines de membres, et sont marqués par de multiples scissions et luttes internes, « ils recèlent un grand potentiel de violence, leur histoire est remplie de meurtres, d’attentats à la bombe, d’incendies criminels, d’agressions, de fusillades. Certains de leurs membres sont emprisonnés, d’autres participent à des vols d’armes ou d’explosifs », notaient les réseaux antifascistes. Une avertissement que ne dément pas aujourd’hui Europol qui, dans un rapport publié en avril dernier, explique que si « la menace globale venue de l’extrême droite apparaît comme étant sur le déclin », « l’accroissement de l’immigration d’Afrique du Nord peut conduire à l’extrémisme de droite et le terrorisme peut encore gagner du terrain » (pour télécharger le rapport en anglais).

L’enquête norvégienne dira s’il s’agit d’un acte isolé, perpétré par un individu qui a baigné dans la haine de l’étranger et du métissage, ou si d’autres militants d’extrême droite sont impliqués. Quoiqu’il en soit, à force de se focaliser exclusivement sur les islamistes radicaux, l’Europe en oublie la menace qui grandit en son sein : qu’à longueur de discours xénophobes et d’exaltation des valeurs nationales, elle ne (re)produise ses propres fous racistes, prêts à tout pour imposer leurs vues, individuellement ou collectivement.

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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