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     Ils ne croyaient pas à un miracle et s'étaient déjà fait une raison. Mais les salariés de Volets de France, réunis hier au Tribunal de commerce de Sedan, n'en ont pas moins sérieusement accusé le coup. Au terme de plus d'une heure de débats en chambre du conseil, Raymond Walkiewicz, le président de la juridiction, a prononcé la liquidation judiciaire de la PME carolomacérienne.
Créée en 1999 par le groupe Winsol lors de la reprise de Jeantils-Gillet, « VDF » traversait une zone de turbulences depuis le premier trimestre 2009.
Comme l'a souligné Me Renaud Stackler, l'administrateur judiciaire, cette décision était devenue « inévitable » compte tenu de l'état de la trésorerie, du démantèlement du réseau commercial, de l'absence d'offres formalisées de reprise et du manque de clarté des actionnaires belges.
Convoqués un vendredi… 13
Reste que le tribunal a accompagné cette décision d'une mesure exceptionnelle destinée à sauver un maximum d'emplois sur le site de la zone industrielle de Mohon et à éviter la disparition prochaine et annoncée de Jeantils-Gillet. En accordant un délai de huit jours aux différents acteurs pour faciliter un éventuel projet de reprise.
Renaud Stackler, lui, en est convaincu. Désabusé, le personnel veut se raccrocher à cette branche pour sauver ce qui peut être encore sauvé.
Pascal Catteuw, gérant du groupe Winsol, Sylvain Chevalier, porte-parole des salariés, et l'administrateur judiciaire se retrouveront donc en présence du Parquet le… vendredi 13 novembre au même endroit pour tenter de trouver une solution globale mêlant Volets de France et Jeantils-Gillet.
Jeantils-Gillet n'ayant pas déposé le bilan mais étant directement lié au sort de Volets de France et les deux entreprises voisines ayant le même

actionnaire, il fallut utiliser cet artifice pour tenter de limiter au maximum la casse sociale. Car, les hypothétiques candidats-repreneurs (quatre ou cinq semble-t-il) ont posé leurs conditions : le rachat ne peut se faire que si les deux sites font partie d'un même lot.
La balle est donc clairement envoyée dans le camp des dirigeants belges. Sont-ils une fois pour toutes déterminés à vendre Jeantils-Gillet pour laisser une chance de pérennisation au site ? Tout dépend désormais de la réponse apportée à cette question.
« La clé de la survie passe par la vente de Jeantils-Gillet » constate, avec une émotion mal dissimulée, Sylvain Chevalier, qui se bat depuis plusieurs semaines pour ses collègues de travail et s'avoue épuisé par cette bataille. « On frôle la détresse psychique », dit-il.
Les salariés de « VDF », eux, doutent de la volonté des actionnaires de vouloir vendre l'ensemble industriel. Disant tout son dégoût, Jean-Claude Legris, 50 ans dont 31 passés dans la boutique n'en démord pas. « Dans cette affaire, on s'est tous fait bouffer. Winsol est venu là pour piquer un savoir-faire et se fout du sort des 78 salariés qui sont, aujourd'hui, dans l'angoisse à l'idée de perdre leur boulot. Je suis persuadé qu'ils vont placer la barre très haut pour la vente de Jeantils-Gillet afin de faire échouer le moindre projet de reprise ».
« La situation reste très complexe. Mais on s'efforce encore d'y croire » se console une employée de bureau.
En tout cas ce sont 48 salariés de Volets de France qui arrivaient au terme de leur quota de chômage partiel et 20 employés de Jeantils-Gillet qui sont suspendus à la volonté d'un acheteur ne s'étant pas encore fait connaître. Réponse le vendredi 13. Pour une décision heureuse ou une nouvelle désillusion

 

 

Source l'Union

 

Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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