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On a senti, à la fin du mois dernier, un brin d'inquiétude pointer dans les JT. En effet, le seuil psychologique des 4 millions de demandeurs d'emploi "tenus d'accomplir des actes positifs de recherche" avait été franchi. On ne s'est plus docilement focalisé sur l'unique catégorie A, et le ton s'est fait un chouïa alarmiste.

Mais ces chiffres élargis, publiés quelques heures avant le réveillon de Noël, ont disparu dès le lendemain de nos téléviseurs. Le cirque médiatique a aussitôt repris son battage émaillé des mêmes faits-divers, polémiques stériles et autres écrans de fumée alimentés par nos éditocrates. A nouveau, en janvier, le chômage n'existait plus bien qu'il soit la première préoccupation des Français. Seuls les événements de Tunisie nous parlaient des graves conséquences de la crise et d'un système économique mortifère qui attise la colère de peuples victimes de la rapacité d'une poignée d'oligarques.

Si nous n'en sommes pas encore là, une chose est sûre : la crise est bien présente, pour ne pas dire prégnante, et les fêtes de fin d'année n'ont pas eu l'impact positif escompté sur les statistiques. Car on aurait pu croire que les petits boulots liés à cette grande messe consumériste allaient fleurir, occupant et déplaçant momentanément une partie de nos chômeurs "sans activité aucune" (l'officielle catégorie A) vers les catégories B ou C des chômeurs "en activité réduite" : or, il n'en fut rien. Contre toute attente, décembre fut l'un des plus mauvais mois de l'année... D'ailleurs, Pôle Emploi n'a réussi à collecter que 250.600 misérables offres (-3%).

En France métropolitaine, bien que la catégorie B ait augmenté de 2,4% — ce qui signifie que 13.000 personnes de plus ont eu l'occasion d'exercer une "activité réduite courte" par rapport à novembre —, la catégorie C, celle des chômeurs en "activité réduite longue", en a perdu 7.500. Soit un excédent de 5.500 personnes qui ont rejoint le bataillon des 1.326.500 actifs ayant un pied dans le chômage, l'autre dans la précarité.

Et la catégorie A, celle des chômeurs n'ayant pas du tout travaillé, s'est encore enrichie de 27.100 individus (+1% par rapport à novembre, +3% sur un an), portant leur nombre à 2.725.200.

Fin décembre 2010, avec 32.600 inscrits supplémentaires en ABC, le total des effectifs de ces trois catégories s'est établi à 4.051.700 en France métropolitaine — +0,8% sur le mois, +5,3% sur un an — et à 4.309.500 avec les DOM.

N'oublions pas le total des inscrits dans ces voies de garage que sont les catégories D (chômeurs en arrêt maladie ou maternité, stage/formation ou convention de reclassement type CRP/CTP) et E (chômeurs en contrats aidés), qui s'établit à 599.000.

Donc, fin décembre 2010 en France métropolitaine, on atteint le score de 4.650.700 inscrits à Pôle Emploi toutes catégories confondues (+6,2% de hausse annuelle), auxquels on peut ajouter les quelque 276.000 seniors "dispensés de recherche d'emploi" qui ne figurent dans aucune.

Bref, de décembre 2009 à décembre 2010, le total des inscrits à Pôle Emploi, toutes catégories confondues, a crû de 272.000 personnes.


La note mensuelle de la Dares/Pôle Emploi à télécharger en pdf


On précise qu'il s'agit des catégories ABC. On ne note qu'une seule légère baisse en octobre.





Jeunes, seniors, chômeurs de longue durée et autres...

Malgré une tendance à la baisse, 630.000 jeunes de moins de 25 ans croupissent dans les catégories ABC.
A contrario, la tendance demeure haussière pour les plus de 50 ans qui sont désormais 757.000 (+16,3% sur un an) à l'heure où la réforme des retraites les oblige à travailler deux années supplémentaires.

Quant aux chômeurs de longue durée, éjectés par la crise et dont le marché du travail ne veut plus, ils sont maintenant 1.523.400 rien qu'en ABC (1.645.800 avec les DOM) et représentent 40% des inscrits. Si leur progression annuelle est de 19,8% en moyenne, elle grimpe à 38,5% chez ceux qui accusent entre 2 et 3 ans d'ancienneté. Pour ces déclassés, Xavier Bertrand prévoit un "suivi particulier" dont on a toutes les raisons de douter (car tous les budgets ont été rognés) et peut-être même de s'inquiéter (car pour faire baisser les chiffres, la coercition et la radiation sont nettement plus efficaces que les promesses sans moyens).

Enfin, 286.700 demandeurs d'emploi sont sortis artificiellement des listes.

Pas d'amélioration à prévoir cette année

Depuis mars 2008, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a augmenté de 740.000 (avec les B et C, de près de 1 million), et de plus de 400.000 rien qu'en 2009. Même si 2010 aura été moins dramatique que 2009, le nombre de privés d'emploi continue inexorablement de grossir. Il n'y a pas de "stabilisation", d’"embellie ou de "reprise" qui tienne, le bilan reste sombre, et les perpectives tout autant.

En effet, qu'elles émanent du Bureau International du Travail (BIT), du Centre d'Analyse Stratégique qui ne prévoit pas de retour à la normale avant cinq ans, de l'OFCE, HSBC ou BNP Paribas, toutes les expertises s'accordent pour dire que :
• les politiques de rigueur mises en place pour "rassurer les marchés" vont fragiliser la croissance et continuer à affaiblir l'emploi, donc entraver la reprise;
• la précarisation des emplois et leur mauvaise qualité restera une tendance lourde;
• l'ancienneté dans le chômage va fortement progresser.
En 2011, l'austérité, le chômage, le sous-emploi et la pauvreté resteront donc au programme, avec les risques économiques et sociaux que cela comporte.

Hauts les cœurs !

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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