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Officiellement, ils sont 3 millions (seule catégorie A). Officieusement, plus de cinq si l'on englobe l'ensemble des inscrits à Pôle Emploi. En rajoutant une bonne partie des sans emploi qui ne sont pas comptabilisés (RSA, AAH…), on dépasse 7 millions.

Fin décembre, il y avait 2.874.500 inscrits dans la catégorie A (chômeurs officiels, sans activité aucune) en métropole, 3.111.400 avec les DOM. Toutes catégories confondues (ABCDE), DOM compris + les chômeurs âgés "dispensés de recherche d'emploi" de métropole, ils était 5.327.500.

Et les RSAstes ?

On sait qu'à fin décembre, Pôle Emploi comptait 694.800 inscrits percevant le Revenu de solidarité active. Mais, sur un total de 1,55 million d'allocataires du RSA "socle" ou "socle+activité", il en reste environ 860.000 qui sont suivis par des référents RSA désignés par les Conseils généraux : n'étant pas inscrits à Pôle Emploi, ils ne sont pas comptabilisés.

Certes, on pourrait contester le niveau d’"aptitude à l'emploi" de la plupart, certains ayant de lourds problèmes de santé, de logement, de famille… mais cela n'a pas semblé déranger le gouvernement qui a créé à leur intention des mini-contrats visant à favoriser leur «réapprentissage de la vie»... La majorité des allocataires du RSA qui bénéficient d'un accompagnement social plutôt que professionnel entrent dans la définition du "halo" du chômage [1] : inactifs de 15 à 64 ans qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptés comme chômeurs au sens du BIT [2], soit parce qu'ils ne sont pas disponibles rapidement pour travailler, soit parce qu'ils ne recherchent pas d'emploi.

Les sans droits

Inscrits nulle part non plus mais en recherche active de travail, signalons une nébuleuse de chômeurs arrivés en fin de droits qui, n'ayant accès à aucun revenu de remplacement — ASS, RSA… — parce que leur conjoint(e) travaille et "gagne trop", ne voient pas l'intérêt de continuer à pointer, subir un accompagnement inefficace et faire partie d'une liste. Ces chômeurs au sens du BIT, dont on ne connaît pas le nombre exact, sont obligé(e)s de vivre aux crochets de leur époux/se.

Les chômeurs en fin de droits étaient 850.000 en 2009 et 1 million en 2010. Le gouvernement, alors en train de concocter son "plan rebond" foireux, estima à 325.000 le nombre de ceux qui n'auraient droit à rien.

Il y a aussi les moins de 25 ans, suivis ou non par les missions locales.

Les handicapés

Il y a aussi le cas des bénéficiaires de l'AAH, l'allocation adulte handicapé — près de 900.000, selon les derniers chiffres de la Dares — dont une grande partie est suffisamment valide [3] pour prétendre à l'emploi et, d'ailleurs, extrêmement désireuse de travailler (les salons de l'emploi réservés aux handicapés sont toujours pleins à craquer). Certains réussissent parfois à décrocher un petit job, cumulant leur AAH avec un revenu d'activité. Mais le taux de chômage de ces personnes, particulièrement discriminées à l'embauche, demeure le double de la moyenne nationale : il est régulièrement évoqué dans la presse.

Les bénéficiaires de l'AAH, comme les allocataires du RSA, sont payés par la CAF. Suivis par diverses associations spécialisées, ils ne sont pas comptabilisés dans les chiffres officiels.

Et le chômage partiel ?

Il a eu ses heures de gloire au début de la crise, entre octobre 2008 et septembre 2009. De 12.300 salariés par mois en moyenne entre janvier 2007 et septembre 2008, ils étaient 103.000 au dernier trimestre 2008, 220.000 au 1er trimestre 2009, pour atteindre un pic à 270.000 personnes au 2e trimestre 2009. Le nombre de salariés en chômage partiel est ensuite redescendu à 78.000 fin 2010.

La crise ayant entamé sa deuxième phase de dévastation et la réactivation des dispositifs de chômage partiel faisant l'unanimité, il est à attendre une nouvelle poussée de ce côté-ci du chômage caché.

 Source


[1] La dernière étude de l'Insee sur le "halo" du chômage date de 2009 et portait sur l'année 2007. Elle chiffrait alors à 770.000 le nombre d'actifs le composant.

[2] Définition de l'Insee : «En application de la définition internationale adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler — 15 ans ou plus — qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi, c'est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, durant une semaine de référence; être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours; avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Un chômeur au sens du BIT n'est donc pas forcément inscrit à Pôle Emploi, et inversement.

[3] Au Royaume-Uni, où il est plus facile de décrocher le statut d'invalide, il y a environ 2,5 millions de personnes qui échappent ainsi aux statistiques officielles...

 

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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