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Le gouvernement Sarkozy répète à l'envie que la France s'en sort mieux que ces voisins occidentaux. Pourtant, à y regarder de plus près, il n'y a pas de quoi pavoiser. Le chômage est bien là, mais s'éparpille dans les statistiques de pôle emploi. Les nouvelles mesures fiscales adoptées par le gouvernement vont appauvrir les ménages, surtout modestes et moyens. Et l'endettement français reste sans solution.

Le chômage éparpillé
Les statistiques du chômage en novembre publiées la semaine dernière peuvent être trompeuses. A lire certains commentaires, le chômage se serait stabilisé : +0,1% de demandeurs d'emploi de catégorie A versus octobre; +8,3% d'offres d'emploi collectées; un chômage des jeunes en recul depuis mai (de 15 000 personnes). Comme souvent, il ne faut pas s'arrêter à ces constatations parcellaires. Les données publiées le 24 décembre ne regroupent que les demandeurs inscrits à pôle emploi.
En 2009, 451 000 emplois du secteur marchand ont été détruits, trois fois plus qu'en 2008. Les différents dispositifs de soutien subventionné à l'apprentissage et à l'activité partielle ont permis d'éparpiller les demandeurs dans toutes les catégories de pôle emploi. Ainsi, en novembre, les catégories B et C progressent respectivement de +1,6% et +2,4%.
Autre signe d'inquiétude, la part de chômeurs indemnisés par pôle emploi est toujours assez faible : 2,1 millions, sur les 4,7 millions d'inscrits. En novembre, le nombre d'inscrits au RSA parmi les inscrits à pôle emploi a cru de 8% (+30 000), pour atteindre 642 000 personnes parmi les catégories A, B et C.

Quelle exception française ?
En France, la consommation des ménages a plutôt bien résisté. le gouvernement se targue d'y voir l'un des effets de son plan de relance. Il a raison sur un point: cette résistance ne tient qu'à un fil, la prime à la casse pour l'automobile.

En fait, l'exception française est à chercher ailleurs. La dette publique française a fortement cru: historiquement élevée, elle a été creusée depuis 2002, aggravée par les défiscalisations sarkozyennes depuis 2007, pour finir plombée par l'effort de relance depuis 12 mois. Comparée à ses voisins, la France est dans l'une des pires situations : en pourcentage du PIB, son endettement est similaire à celui des Etats Unis (mais elle n'est pas la première puissance mondiale), et dépasse allègrement celui du Royaume Uni et de l'Allemagne. Aux Etats Unis, l'administration Obama a engagé des sommes faramineuses pour sauver son système bancaire, ou General Motors. En France, rien de tout de cela: un petit plan de relance, négocié sous la contrainte de la rue; quelques prêts aux banques qu'elles ont bien vite remboursés; une politique fiscale qui épargne le capital aux détriments du salariat. Au final, des comptes plombés avant comme après la crise.

Voici donc l'exception française : un endettement massif ... malgré un faible plan de relance !

Fiscalité: les classes moyennes paieront
Les impôts, eux, baisseront certes, mais pour les entreprises uniquement, à raison d'environ 12 milliards d'euros. A l'inverse, le bilan fiscal pour les ménages français est loin d'être neutre.

1. La taxe carbone (+2,7 milliards d'euros) sera compensée, mais forfaitairement, sans progressivité aucune avec les revenus. Elle renchérira de 4,11 centimes d'euro/litre le prix de l'essence et de 4,52 centimes d'euro/litre celui du gazole.

2. Le plafonnement des niches fiscales, dont Sarkozy s'est félicité lors de sa micro-conférence de presse du 14 décembre dernier, rapportera... 15 petits millions d'euros. En 2010, le montant maximum de réductions d'impôts d'un ménage sera plafonné à 20 000 euros et 8 % du revenu imposable (contre 25 000 euros et 10 % en 2009). Mais à l'inverse, le bouclier fiscal à 50% permettra toujours aux gros détenteurs de capitaux de se faire rembourser le "trop plein" de prélèvements d'impôts et sociaux. Là est l'astuce : le bouclier fiscal ... n'est pas une niche fiscale !

3. Les ménages épargnants seront aussi concernés par les nouveaux prélèvements sur les contrats d'assurance-vie multisupport au décès du souscripteur (273 millions d'euros) et les plus-values boursières, (enfin) taxées au premier euro par la CSG et le CRDS (+113 millions).

4. Côté santé, les ménages subiront la hausse du forfait hospitalier (+ 160 millions), le déremboursement de 110 médicaments (+ 145 millions d'euros), dont le taux de prise en charge par la Sécurité sociale est ramené de 35 % à 15 %, et la fiscalisation partielle des indemnités journalières des accidentés du travail (+ 135 millions). Cette dernière mesure concernera environ 700 000 personnes...

5. Les retraites modestes sont aussi touchées: les indemnités de départ à la retraite volontaire jusquà présent exonérées d'impôt dans la limite de 3 050 euros seront désormais totaleme
nt fiscalisées.

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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