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«C'EST un coup de tonnerre qui a résonné dans l'usine pour l'ensemble des salariés. D'ailleurs, plusieurs d'entre eux étaient en pleurs à l'annonce de la fermeture annoncée de ce qui était une partie prenante de toute leur vie ».
Jean-Yves Stevenin qui a pourtant déjà connu beaucoup de péripéties sociales au cours de sa carrière de délégué syndical CGT de l'usine en est encore tout retourné.
Une mort annoncée
Lors d'un comité d'entreprise extraordinaire tenu jeudi après-midi à Donchery, le directeur des opérations européennes de la division Thermal de Delphi, Didier Varloteaux, a purement et simplement annoncé l'arrêt progressif des activités de l'entreprise ardennaise. Pour arriver à une fermeture du site à la mi-2012 !
Cette décision concerne… 290 salariés. L'épée de Damoclès suspendue sur l'usine de la périphérie sedanaise depuis déjà quelques années s'est donc transformée en brutal couperet. Encore une sale nouvelle pour les Ardennes.
Spécialisée dans la fabrication et l'assemblage de modules de climatisation pour l'automobile à destination des constructeurs européens, Delphi France a été victime d'une conjugaison d'éléments handicapants.
« D'abord un environnement difficile et très concurrentiel sur le marché automobile qui a amené Delphi à accumuler les pertes financières ces dernières années. Ensuite, des prévisions conjoncturelles très pessimistes n'annonçant rien de bon pour les prochains exercices. Résultat : l'entreprise devait faire face à des coûts opérationnels non compétitifs ne permettant pas de remplir le carnet de commandes du site » énumère la chargée de communication, Malika Venezia.
« Parcours du combattant »
Dans l'impossibilité d'obtenir de nouveaux marchés et d'en renouveler certains (Ndlr : l'Opel Mériva), l'unité doncheroise ne pouvait plus, selon la direction de la division Delphi Thermal, « maintenir à terme le fonctionnement de l'usine au-delà de la mi-2012 avec les activités restantes, devenues insuffisantes ».
Seuls restaient des produits en fin de vie. Comme la Renault Laguna qui ne se vend pas très bien et l'Opel Epsilon.
Les dirigeants de Delphi prévoient donc « un arrêt progressif de la production ». D'ici cette mort annoncée, les dirigeants disent vouloir travailler avec les partenaires sociaux et les pouvoirs publics afin d'« identifier en externe d'autres éventuelles activités et mettre tout en œuvre pour réindustrialiser le site ».
« Une opération qui s'apparente à quelque chose de chimérique si l'on tient compte du fait que la moyenne d'âge des salariés de Delphi avoisine les 46 ans. Et se reclasser à cet âge peut être assimilé à un véritable parcours du combattant » ont tout de suite répliqué les élus du personnel.
En attendant ces très hypothétiques solutions (à l'heure où on attend toujours que l'amendement Warsmann produise des effets dans les Ardennes), l'effectif de Delphi déjà impacté en mars 2009 par une coupe claire de 60 départs volontaires va devoir peu à peu être ajusté en fonction des réductions de volume de production. Avant bien sûr d'arriver à la funeste échéance estivale. Les prochaines réunions entre représentants du personnel et direction pour traiter des « conditions de la fermeture » serviront à définir le calendrier de la progressive déchéance de l'entreprise. 290 salariés appelés à disparaître du paysage écono- mique ardennais, voilà en tout cas une nouvelle et énième catastrophe sociale. Décidément…


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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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