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Depuis ces dix dernières années les différentes réformes de l’Education Nationale n’ont eu qu’un seul but, son intégration sur le marché très porteur du projet néolibéral en matière d’éducation. Peu à peu, l’on prépare le passage d’une école publique à des structures privées. Ces transformations s’inscrivent dans une volonté  de soumettre les domaines de la recherche et de l’éducation, c’est-à-dire la production et la transmission des savoirs, aux logiques de rentabilité et d’accumulation proprement capitalistes.


La marchandisation scolaire a progressé en se drapant dans les habits avantageux du «libre choix» des familles et de l’«autonomie» des établissements, ainsi érigés en nouvelles valeurs cardinales du système éducatif. Qui aurait l’indécence de s’opposer au «libre choix» et à l’«autonomie» ? Mais  les effets réels de cette politique  sont  les prémices d’une école à deux vitesses en accroissant  la ghettoïsation de certains élèves dans les quartiers populaires.


Pour espérer échapper au chômage et aux emplois précaires, parents et étudiants se transforment en consommateurs d’école. La mise en concurrence  des établissements par les familles disposant de ressources hautement inégales, accélère la mise en marché du système éducatif. Les familles qui le peuvent font prendre des cours particuliers à leurs enfants, ou des stages de math, de français …  pendant les périodes de vacances scolaires. La aussi, l’inégalité est la règle, les cours ne sont pas gratuits et les élèves en difficulté issus de milieux populaires ne peuvent se remettre à niveau par manque de moyens.


L’évaluation régulière des résultats obtenus par les élèves et les établissements enclenche souvent une dynamique négative. La publication de palmarès incite les parents à se muer en clients, comparant les différents « services d’enseignement » proposés. Les établissements doivent lutter pour leur survie financière via la réussite d’un maximum d’élèves aux tests. Dans cette logique, la « culture du résultat » peut aisément aboutir à une baisse des exigences et des acquisitions, alors même que les « résultats » paraissent satisfaisants sur le papier.


Peu à peu l’école publique se restreint comme une peau de chagrin. Les suppressions de personnel et les classes surchargées, accélèreront la dégradation des conditions d’enseignement. De fait les écoles privées accueilleront de nouveaux élèves,  mais dans ces structures aussi, l’inégalité sera de mise, et seule une certaine frange de la population pourra prétendre aux écoles «d’exception». Les différences sociales seront une nouvelle fois amplifiées, et sortira de ces écoles la future classe dirigeante, qui tiendra sous sa coupe ceux qui n’auront pu accéder aux mêmes études qu’eux ! Et au fil du temps, sera rayé de la mémoire collective, le souvenir d’une époque où il existait une vraie école publique !


Il est donc urgent de renouer avec une politique éducative refusant la marchandisation de l’éducation.  Il est temps d’arrêter de penser que la mise en concurrence du système éducatif, est une obligation imposée inéluctablement par la mondialisation. Il faut rapidement prendre des mesures comme la suppression de subvention publique à toutes structures privées. Ceci concerne également les CFA privés financés par des fonds publics via la taxe d’apprentissage, car la taxe d’apprentissage est de l’argent public !

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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