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Le gouvernement a décidé deux hausses des tarifs de l'électricité pour les particuliers : une de +5% ce mois-ci, une autre de +5% en août 2014. Mais ces hausses n’ont aucunement pour origine les raisons mises en avant par les commentateurs. Pour l’essentiel ces hausses vont bénéficier aux prédateurs du système, c'est-à-dire les actionnaires, et en premier lieu l’Etat.

Une hausse +28% des factures depuis 2006 !

Les hausses décidées par le gouvernement sont extrêmement importantes, et lourdes pour le budget des ménages. Car les tarifs de l’énergie constituent une part significative des dépenses des ménages. 8 millions de français sont en précarité énergétique.

Le tarif réglementé de l'électricité d'EDF regroupe le coût de production de l'électricité et celui des réseaux de transport et de distribution (Turpe), qui représentent environ 70% du prix. Viennent ensuite s'ajouter les taxes:

  • => la TVA
  • => la CSPE, une taxe spéciale qui finance principalement les surcoûts des renouvelables et des zones isolées. 

Or cette taxe a également beaucoup augmenté depuis 2011, entraînant une progression de près de 9% du prix final payé par le consommateur.

Au final, l'électricité en France pour les particuliers aura donc augmenté après le 1er août de quelque 28% depuis 2006 ! Enorme ! Mais les « prévisionnistes » annoncent déjà que l’électricité pourrait augmenter de 37% d’ici à 2020.

Ce ne sont pas les mesures envers les petits consommateurs de révision à la baisse le coût des abonnements de faible puissance (3 kVa et 6kVa) qui contiendront les hausses des factures !

Certes les besoins en entretien du réseau et des centrales électriques sont nécessaires, mais ils ont toujours existés.

D’ailleurs la FNME CGT alerte depuis plusieurs années sur plusieurs facteurs inquiétants, qui ne sont pas sans liens avec le changement de statut de l’entreprise :

  • => Les changements d’orientation de l’entreprise, conséquences de la dérèglementation du secteur, ont conduit dans les années 90 et 2000 à des sous-investissements importants dans les moyens de production et dans les réseaux. Cela a conduit à une telle dégradation que le redressement est devenu urgent et nécessaire, autant  sur les moyens techniques que les moyens humains pour permettre le transfert de connaissances imposé par les départs en inactivité des agents. Il n’est donc pas surprenant de constater aujourd’hui que les coûts de production ont augmenté fortement pour assurer la reprise d’investissements devenus indispensables. 
  • => La dérèglementation du secteur a conduit et continue à déstructurer le secteur et génère du gaspillage. La séparation des entreprises voulue par Bruxelles a eu pour conséquence de jeter par la fenêtre des millions d’euros pour séparer les systèmes d’information des entreprises. La désoptimisation se retrouve à tous les niveaux et dans tous les métiers. Garder ou conquérir des parts de marché implique par ailleurs à affecter plus de personnel à l’activité commerciale. Tous ces coûts sont pointés dans l’augmentation importante des coûts commerciaux. A cela se rajoute l’obligation d’acheter des certificats d’économie d’énergie.

La hausse n’a pas sûrement pas pour origine les salaires des travailleurs d’EDF

Comme à chaque fois qu’un mauvais coup est perpétrés contre les populations, on jette en pature les salariés qui seraient prétendument trop payés, ou auraient trop d’avantages, etc. Diviser pour régner c’est une pratique vieille de plusieurs millénaires. Et dans ce contexte la vieille ficelle du rapport de la Cour des Comptes a été utilisée pour tenter de jeter le discrédit sur toute une profession. Et comme à son habitude lorsqu’il s’agit de salaires, la Cour des comptes a « curieusement » abondé en ce sens et critiqué une politique salariale jugée « très généreuse ».

Il est utile de savoir que, dans ses réponses à la Cour des comptes, la direction d’EDF a estimé que « la plupart » des avantages dont bénéficient ses salariés « ne sont pas si éloignés de ce qui se pratique ailleurs, dans d'autres entreprises françaises ».

Par contre a reconnu une forte hausse des rémunérations des dirigeants, sous prétexte, de préserver les ressources humaines dans un contexte de concurrence. Les hausses des rémunérations des dirigeants ont d’ailleurs eu lieu dans toutes les entreprises privatisées, et elles sont souvent extrêmement fortes ! Ce ne sont donc pas tous les salariés qui bénéficient d’une politique salariale généreuse ; seulement les déjà très hauts salaires !

D’ailleurs la Fédération CGT considère au contraire que le personnel a subi un recul sans précédent de son pouvoir d'achat ces dernières années.

Alors que les bénéfices et les dividendes continuent à se compter en milliards d'euros, les agents ont dû renoncer au juste retour de leur investissement professionnel en tant que salarié, et cela ne représente que quelques dizaines de millions par an. En deux ans, les employeurs ont remis en cause leur salaire de base mais également les mesures individuelles, avancements au choix et déroulement de carrière, à hauteur par exemple de -30 % à EDF.

Comme cela s’est passé dans toutes les entreprises privatisées - comme par exemple à France Telecom - la direction d’EDF a remplacé le système traditionnel par une « rémunération globale », dans lequel on trouve pêle-mêle le salaire, les primes liées à la fonction exercée, mais aussi le variable individuel (primes liées à la « performance ») et le variable collectif (intéressement ou participation, l'abondement). Il s’agit d’un système opaque dans lequel la majorité des salariés « ne retrouve pas ses petits ». Elle y ajoute aussi la restauration collective, les activités sociales, et les avantages en nature (tarif agent). Mais au moment du départ en retraite, la part variable n'est pas prise en compte pour le calcul de la pension.

C’est l’actionnaire qui coûte cher !

Avant le changement de statut de l’entreprise en 2004, il n’existait pas d’actions, donc pas de dividendes. Depuis cette époque l’actionnaire existe, et il faut le rémunérer. Et il est goulu l'actionnaire !

Ce qui a fortement augmenté cette année c’est justement le dividende de l’action EDF, qui a été porté de 1,15€ à 1,25€ par action. Hausse à laquelle s’ajoute à cela la décision, prise en 2011, de majorer le dividende de 10% pour fidéliser les actionnaires. Ce premier dividende majoré sera versé en 2014.

Tout cela coûte cher ! Très cher !

Et l’Etat, actionnaire majoritaire à 84,4%, est le premier à tirer bénéfice de cette manne financière. Il a reçu 1,796 Milliards d’euros de dividendes d’EDF en 2012 (sans compter l'impôt sur les sociétés : 401 millions d'euros en 2011). L’Etat possède d’ailleurs un portefeuille de participations cotées qui sont regroupées dans l’Agence des participations de l’Etat. Elles représentaient au 31 août 2012 un volume de 60 Milliards d’euros de capitalisation boursière, soit 10 % de la capitalisation boursière du CAC 40. L’Etat tire donc une ressource non négligeable par le biais des dividendes qui lui sont versés.

On ne peut que le constater, ce système marche sur la tête.

Il faut stopper la dérèglementation et effectuer, comme le réclame la Fédération CGT, un bilan pour mettre en évidence les conséquences désastreuses qui nous envoient dans le mur, par pur dogmatisme. 

S’il est nécessaire d’investir pour disposer d’un parc de production performant et de refléter les coûts correspondants dans les tarifs réglementés, il est urgent de faire un bilan sérieux de la déréglementation y compris sur un plan comptable.

Plus que jamais, la constitution d’un pôle public de l’énergie pour permettre une appropriation sociale de tout ce secteur si stratégique et retrouver une maîtrise économique et sociale de ce secteur au service de l’intérêt général.

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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