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Samedi, dans les rues de Madrid et Lisbonne, des centaines de milliers de citoyens ont protesté contre leurs gouvernements respectifs, asservis aux politiques suicidaires de la troïka.

Sous le slogan "Ils veulent ruiner le pays, il faut l'empêcher", une foule multicolore venue de toute l'Espagne a envahi Madrid, samedi 15 septembre, pour protester contre la politique de rigueur au moment où le pays, miné par le chômage, tente d'éviter un sauvetage financier global.

Une immense marée humaine a rempli les avenues du centre de la capitale : enseignants, parents et élèves en vert pour la défense de l'éducation, cortège blanc réunissant les services de santé, une marche noire pour les fonctionnaires, un défilé orange pour les personnes dépendantes et âgées, un autre regroupant le monde de la culture... Pendant ce temps, d'autres descendaient des bus arrivés de toutes les régions du pays, de Catalogne, d'Andalousie ou du nord de l'Espagne, portant les couleurs des deux grands syndicats, UGT et CCOO, qui organisent cette journée aux côtés de 150 organisations réunies dans un "sommet social".

Noyés sous les drapeaux rouges et blancs des syndicats ou sous les petites pancartes portant ce seul mot "NO", les manifestants ont déferlé par dizaines de milliers sur les avenues du centre de la capitale, pour se rassembler autour de la grande place Colon. Les autorités ont estimé la participation à 65.000 personnes, mais les organisateurs n'ont pas donné de chiffre.

"Sauvez les gens, pas les banques", en catalan comme en castillan

"Ils baissent les salaires, ils augmentent les impôts, nous revenons 20 ou 30 ans en arrière", lance Roberto Saldana, un pompier de 44 ans venu de Huelva, en Andalousie, revêtu d'un uniforme bleu et casque rouge sur le crâne. Un peu plus haut, un joueur de flûte accompagne un groupe d'employés de la santé autour d'une pancarte affirmant : "Les coupes dans la santé TUENT". Puis viennent ceux de l'audiovisuel, qui réclament "la défense d'une télévision publique de qualité". "Sauvez les gens, pas les banques !" proclame encore un slogan en catalan sur le tee-shirt noir d'un manifestant.

Tous dénoncent la politique de rigueur menée par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy. "Nous voulons dire haut et fort au gouvernement que nous ne sommes pas d'accord, que sa politique fait trop de dégâts, que nous ne nous résignons pas", déclare le secrétaire général de CCOO, Ignacio Toxo.

La politique actuelle de rigueur pourrait ne pas suffire

Le 19 juillet déjà, des centaines de milliers de personnes avaient défilé à Madrid pour crier leur colère contre les coupes budgétaires qui étranglent la population, durement éprouvée par un chômage frappant un quart des actifs. Mais depuis, le chef du gouvernement a annoncé que les efforts se poursuivraient avec 102 milliards d'euros d'économies d'ici à la fin 2014, provoquant un mécontentement social grandissant.

Déjà, le gouvernement a sacrifié la prime de Noël des fonctionnaires, augmenté les impôts et la TVA, réduit les allocations chômage. L'objectif est de ramener le déficit public, qui a atteint 8,9% du PIB en 2011, à 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014. Mais ces efforts pourraient ne pas suffire et l'Espagne risque de devoir demander à ses partenaires européens un sauvetage financier global qui serait assorti d'une rigueur encore plus grande.

(Source : Le Parisien)

Au Portugal

Plus d'une centaine de milliers de personnes ont manifesté samedi à Lisbonne et dans plusieurs villes du Portugal contre les mesures d'austérité du gouvernement de centre-droit qui a récemment mis le feu aux poudres en annonçant un renforcement de la rigueur.

"Stop au terrorisme social", "Ceux qui volent le Portugal doivent être jugés", "Bientôt l'Etat volera les morts", pouvait-on lire sur les nombreuses banderoles et affiches brandies à Lisbonne par les manifestants. "Que la troïka aille au diable" était le principal slogan pour signifier le rejet des mesures de rigueur imposées par les trois bailleurs de fonds du Portugal — l'UE, le FMI et la BCE — en échange du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé au pays en mai 2011.

Selon des estimations des organisateurs, plus de 50.000 personnes ont manifesté à Lisbonne et un nombre sensiblement identique à Porto, la grande ville du nord du pays, tandis que plusieurs milliers se sont rassemblés dans une trentaine de villes. Habituellement, la police portugaise se refuse à toute évaluation.

A Lisbonne, des échauffourées ont eu lieu entre manifestants et policiers devant le Parlement sans faire de victimes.

"Ce gouvernement va tuer le Portugal, et si nous ne faisons rien ce sera pire", a déclaré Ivan Rodriguez, un trentenaire qui reconnaissait manifester pour la première fois. "Je lutte pour préserver mon emploi et celui des autres", ajoutait-il.

Les manifestations, convoquées sur Facebook par des universitaires, artistes, poètes ou musiciens, revendiquaient un caractère apolitique. Elles étaient toutefois soutenues par des partis d'extrême gauche et par le principal syndicat portugais, la CGTP, qui a prévu un grand rassemblement le 29 septembre.

A Lisbonne, dans une ambiance bon enfant, les manifestants ont frappé sur des tambours, donné des coups de sifflets, actionné de petits avertisseurs ou tapé dans leurs mains pour faire le plus de bruit possible. Le mécontentement s'est nettement amplifié après les récentes décisions du gouvernement du Premier ministre Pedro Passos Coelho de procéder cette année à de nouvelles augmentations d'impôts et de prévoir pour l'année prochaine une hausse de 11% à 18% des cotisations salariales, une mesure qui, selon des experts, équivaut à la perte d'un mois de salaire.

"Il faut un référendum"

Depuis l'obtention du plan de sauvetage, le gouvernement a déjà procédé à des baisses de salaires des fonctionnaires et des augmentations d'impôts avec en particulier des hausses sensibles de la TVA. "Les impôts et la TVA m'ont étranglée. Il m'est impossible de conserver mes employés", déclarait Ana Paulo Figueiredo, une restauratrice d'une cinquantaine d'années. "Il faut un référendum. Le peuple doit donner son avis", ajoutait-elle. "On en a assez de ce gouvernement qui n'est rien d'autre qu'une mafia sans compétence", renchérissait Vitoria Pato, une retraitée de 85 ans.

Depuis qu'il a annoncé un renforcement de l'austérité, le Premier ministre essuie un flot de critiques non seulement de la part de l'opposition de gauche, mais aussi de plusieurs de ses alliés politiques et même du patronat. Une tentative de justification de M. Passos Coelho sur sa page Facebook a déclenché un flot de commentaires acerbes.

Principal axe de sa politique, l'austérité a entraîné une forte contraction de l'économie (-3,3% au deuxième trimestre) tandis que le chômage dépasse les 15% de la population active. Pris à la gorge, le gouvernement a dû admettre qu'il ne pourrait remplir cette année son engagement de ramener le déficit public à 4,5% du PIB. Face à cette situation, la troïka a accordé au gouvernement un délai supplémentaire pour réduire les déficits. Et le leader de l'UGT, Candido Mendez, affirme que cette journée marque le début d'un "long" combat contre l'austérité.

(Source : 20 Minutes)

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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