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Même la commune de Hautes-Rivières, longtemps considérée comme l'eldorado économique des Ardennes, ne passe pas à travers les mailles de la crise économique.
Après Bourguignon (9 licenciements), Raymond Barré (9 licenciements aussi) et Sigma (deux), c'est maintenant la situation à Estamfor qui inquiète ses 112 salariés.
Après avoir déjà supprimé 22 emplois en mars 2009, la filiale du groupe Farinia spécialisée dans la forge-estampage projetterait, en effet, de supprimer 52 autres postes.
La direction du site ardennais avait évoqué cette menace, jeudi, lors d'un CE ordinaire. Du coup, le secrétaire, Patrick Sitkiewicz, exigeait la convocation d'un comité d'entreprise extraordinaire afin d'avoir de plus amples renseignements sur cette information.
La réunion qui a eu lieu, hier dès 9 heures, a amené Frédéric Hénon, le directeur financier, et Jacqueline Marchand, la directrice commerciale, à confirmer qu'il y avait bien un sureffectif de 52 personnes et qu'il fallait réfléchir à des mesures de sauvegarde.
Au terme de 2 h 30 de réunion, les huit représentants du syndicat Force Ouvrière, majoritaire au sein de l'entreprise, prenant acte des intentions des dirigeants, ont voulu marquer leur mécontentement de façon spectaculaire en « séquestrant », à partir de 11 h 30, les deux membres de la direction dans leur bureau. « Afin d'obtenir un rendez-vous avec les pouvoirs publics et leur exposer leur crainte quant à l'avenir d'une PME dont le carnet de commandes a baissé de 60 % ».
Rendez-vous jeudi
« On a cadenassé l'endroit où ils travaillent mais on leur a laissé les téléphones portables et ils ont libre accès aux toilettes et à la salle

informatique. Mais ils ne peuvent pas sortir » précisent les syndiqués.
Alors que Daniel Blondeau s'activait à désamorcer le conflit en prenant contact avec les services préfectoraux, les auteurs de ce coup de force nous livraient leur état d'esprit.
Franck Borgniet, secrétaire métallurgie et de l'union locale « Meuse et Semoy » : « N'oublions pas qu'en mars, on avait déjà été attristé par le licenciement de 22 camarades. A l'époque, j'avais déjà eu un gros poids à l'estomac. Aujourd'hui, on nous parle de 52 autres postes en danger. Va-t-on arriver à la disparition de la moitié de l'effectif d'Estamfor en l'espace de huit mois ? ».
Patrick Sitkiewicz : « Jamais on n'avait été dans un tel marasme. Voilà un an qu'on est plongé dans la crise. Depuis le début de l'année, on a chômé 60O heures. Actuellement, on en est à trois semaines par mois. Vous comprendrez donc qu'on appréhende le futur ».
Un autre préférant garder l'anonymat : « On est tous dans le même bateau et on n'en a pas spécialement après nos patrons. On en a simplement marre de voir les pouvoirs publics traîner les pieds. On attend une réponse du préfet depuis deux semaines ». Celle-ci est finalement tombée peu avant 16 heures. Une réunion aura lieu en préfecture ce jeudi à 10 h 30.
« Un tour de table où j'ai demandé que les dirigeants d'Estamfor soient invités » précise Daniel Blondeau, transformé en médiateur. Comme ils l'avaient promis, les syndiqués rendent la liberté à leurs dirigeants. Il est alors 16 h 15.
En tout cas, quand Hautes-Rivières tousse, on s'aperçoit que la crise est vraiment

prégnante…
Pascal REMY

Source l'Union

Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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