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Le constructeur automobile entretient le flou sur le lieu de production de la Clio IV. Depuis que le journal la Tribune a annoncé une délocalisation en Turquie, la polémique enfle.

Renault s’apprête-t-il à délocaliser la Clio en Turquie ?

 


Parmi les quatre priorités stratégiques du groupe Renault, présentées il y a un an par son PDG Carlos Ghosn, figure « l’accentuation de la politique de réduction des coûts fixes, notamment par la maîtrise de la masse salariale et la baisse des frais de fonctionnement ». Pas étonnant, dans ce cadre, qu’une rumeur sur une possible délocalisation de production prenne vite une tournure polémique. Il en va ainsi de l’information dévoilée vendredi par le quotidien la Tribune, selon laquelle la Clio IV pourrait être entièrement fabriquée en Turquie, sur le site de Bursa, et non plus en partage avec l’usine française de Flins, dans les Yvelines. La direction du groupe assure que la décision n’est pas encore prise, mais elle n’infirme pas. Cela suffit à emballer la machine.

La CGT accuse Renault de « souffler le chaud et le froid » sur le devenir de Flins. Le constructeur entend faire de ce site, un spécialiste de la voiture électrique. Il devrait accueillir la Zoe ZE, modèle clef de la future gamme électrique, et une production de batteries pour véhicules électriques à partir de la mi-2012. Mais Carlos Ghosn avait aussi déclaré que « Clio sera maintenue à Flins tant que la montée en puissance du véhicule électrique ne sera pas complète ». Il signait, en creux, la promesse d’un départ de Clio.

« Si la décision de délocaliser la Clio IV en Turquie était confirmée, l’État français ne pourrait pas rester sans réagir », prévient la CGT. Renault a en effet pleinement profité de la manne d’argent public déversé dans le plan d’aide à l’industrie automobile : 3 milliards d’euros de prêts bonifiés en échange de la pérennité des sites d’assemblage, une prime à la casse qui a permis au constructeur de continuer à vendre pendant la crise… _ L’embarras du gouvernement est palpable. Le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, qui se dit « choqué », a convoqué Patrick Pelata, directeur général de Renault, mercredi. L’État, actionnaire à hauteur de 15 %, « n’a pas un représentant au conseil d’administration pour rester les bras ballants », assure-t-il. Reste à joindre la parole à l’acte. Car Renault, qui avait touché le pactole contre l’engagement de ne pas licencier, a mené à bien un vaste plan de départs volontaires de plus de 4 400 salariés.

 


Paule Masson


Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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