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C’est Noël en novembre pour le patronat ! Le gouvernement lui offre 20 milliards d’euros, soit une baisse de moitié de l’impôt sur les sociétés. C’est un cadeau sans contrepartie. Le gouvernement prétend que ces milliards doivent « inciter » le patronat à investir, mais depuis des années, les grandes entreprises, celles qui exportent et qui n’ont que le mot « compétitivité » à la bouche, dépensent plus en dividendes reversés qu’elles n’investissent !

« Choc », « pacte », « compétitivité », « confiance »…, depuis des semaines ces mots tournent en boucle, du patronat au gouvernement, en passant par  les « économistes ». Après traduction, il faut comprendre que les salariés dans ce pays sont trop payés, ne travaillent pas assez et profitent indûment d’une des meilleures protections sociales encore existantes en Europe. S’il y a du chômage, des licenciements, des fermetures d’entreprises, des suppressions d’emplois, ne cherchez plus, c’est parce qu’on n’est pas assez « compétitifs » !

Le rapport Gallois, d’un ancien patron de la SNCF et d’EADS, épaulé par un responsable de l’UMP dans son travail « d’expert », a été applaudi par le MEDEF qui n’en peut plus de satisfaction : normal, c’est un rapport de patron pour les patrons ! Ces 20 milliards d’exonération de cotisations sociales pour le patronat ouvrent la voie à un véritable hold-up sur la partie de nos salaires versée directement par les employeurs, pour assurer à chacun des services sociaux de qualité. Et Gallois voudrait nous faire avaler cela au nom d’un prétendu «pacte social» et de la «solidarité nationale» ! Il parle même de «patriotisme», un vocabulaire qui rappelle le temps des guerres : c’est en l’occurrence une vraie guerre sociale qui est ainsi lancée contre les classes populaires.

Ayrault n’a pas tardé pour annoncer qu’il suivrait la quasi-totalité des «recommandations» de Gallois. 20 milliards de cotisations sociales sur les salaires entre 1 et 2,5 fois le SMIC seront offerts aux patrons sous forme de crédit d’impôt dès 2013 ! Ce manque à gagner pour l’Etat sera financé à moitié par une augmentation des taux de TVA, cet impôt le plus injuste car il frappe les pauvres de la même manière que les riches. Et l’autre moitié sera financée par une baisse supplémentaire de la dépense publique. Les couches populaires sont attaquées sur trois fronts : les dépenses quotidiennes, la protection sociale et l’accès aux services publics. Le changement promis par Hollande, c’est en pire !

Depuis plusieurs semaines, pas un jour où ne sortent des statistiques plus ou moins manipulées sur le coût du travail en France, sans que personne ne parle des dividendes records que s’octroient les actionnaires (9 % de la valeur ajoutée des sociétés non-financières, du jamais vu depuis 1949 selon l’Insee). Hollande a dit qu’il souhaitait un « compromis historique », un accord « gagnant-gagnant », « donnant-donnant ». Tout ça, c’est bien sûr du vent, mais surtout un coup de massue pour celles et ceux qui, six mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d’austérité.

Pour financer son cadeau au patronat, le gouvernement piétine sans vergogne son engagement de ne pas augmenter la TVA. Mais si cette TVA était injuste sous Sarkozy, elle le reste avec Hollande ! Les travailleurs vont payer à double titre : par l’augmentation de la TVA et par la réduction des dépenses publiques qui va encore dégrader les hôpitaux, l’Éducation, les transports, et priver les collectivités de ressources indispensables pour la population. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le gouvernement socialiste montre à quel point il est prêt à s’aplatir face au patronat, et est capable des pires attaques contre les travailleurs.

Ces mesures partent du principe qu’il faut financer l’investissement du privé de façon prioritaire, mais au détriment de l’investissement public. D’une part, on fait l’impasse complète sur le coût du capital et les prélèvements financiers des entreprises, c’est-à-dire les intérêts et les dividendes aux actionnaires. D’autre part, pourquoi cette mesure concerne-t-elle toutes les entreprises, alors que logiquement la compétitivité ne concerne que celles qui sont impactées par la mondialisation ? L’on peut craindre que ce crédit d’impôts sur les sociétés serve une nouvelle fois la distribution de dividendes et non l’investissement.

 

Source

 

 


Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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