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La triste nouvelle s'apparente à un énième uppercut, asséné à un territoire déjà meurtri par les fermetures à répétition. Cette fois, c'est la société Ardenity, spécialisée dans la chimie de base, qui est à genou. Littéralement mise K. O. par la rude concurrence chinoise et le rachat de son principal client par le groupe allemand BASF.
La décision du tribunal de commerce de Sedan est sans équivoque : l'entreprise givetoise, qui emploie 16 salariés route de Philippeville, a été placée en liquidation judiciaire. La fermeture définitive du site pourrait même intervenir aux alentours du 10 janvier.
Hier, et comme tous les jours depuis la mi-décembre, l'usine était d'ailleurs à l'arrêt. Seul un employé, venu effectuer une ronde dans les bâtiments, a temporairement troublé le silence des lieux et piétiné la neige encore immaculée. Avant de repartir, le cœur las.
Reste que l'annonce de la « mort » d'Ardenity n'aura guère fait de vagues au sein du personnel. « C'est pas qu'on s'y attendait, mais on savait que ça n'allait pas très bien », explique un salarié. Se battre ? « Ah quoi bon, précise-t-il. On est tombé tellement bas… »

Un parcours chaotique
Fondée il y a vingt ans sous le nom de Sorochimie, la structure était spécialisée dans la fabrication d'acide sulfanilique, une poudre notamment destinée à l'élaboration d'agents de blanchiment dans l'industrie papetière et à la fabrication de colorants. 95 % de la production était exportée un peu partout dans le monde, principalement en Espagne, en Italie, au Maroc, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Depuis sa création, l'existence de l'entreprise aura cependant été tumultueuse, partagée entre bonnes, mais aussi très mauvaises années.
En 2001, la concurrence indienne et chinoise l'avait ainsi déjà contrainte à déposer une première fois le bilan, puis à être placée en redressement judiciaire.
En 2007, vu la situation, les actionnaires majoritaires avaient ensuite préféré céder leurs parts à un de leurs clients, l'américain Trinity.
La modernisation de l'outil de production qui avait suivi semblait alors avoir remis la société sur de bons rails. En vain. Début 2009, la crise a fini par frapper l'entreprise de plein fouet, l'obligeant aussitôt à licencier trois personnes.
Et le mauvais scénario continue : les seize derniers employés de l'usine s'apprêtent eux aussi à rester sur le carreau, même s'ils devraient pouvoir bénéficier d'un CTP (contrat de transition professionnelle). « C'est encore une très mauvaise nouvelle qui nous tombe dessus », regrette le maire, Claude Wallendorff. « Un nouveau coup porté au tissu industriel givetois, qui ne cesse de se réduire comme peau de chagrin », déplore de son côté la fédération départementale du MRC (Mouvement républicain et citoyen).

 

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Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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