Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

509729-0.jpg

 


Six des vingt salariés de l'entreprise devraient perdre leur travail à la fin du mois. Le redressement du site, fortement impacté par la crise, est à ce prix.


UNE page sombre de l'histoire de GPM Etiquettes va se tourner. Les six licenciements, qui planaient depuis deux mois au-dessus de la tête des salariés, ont livré cette semaine leurs derniers secrets.
Les ouvriers de cette entreprise spécialisée dans la fabrication d'étiquettes pour l'agroalimentaire savent désormais qui est nommément concerné par la mesure. Fin de l'insoutenable attente. Pour ceux qui partent, une autre épreuve - toute aussi difficile à appréhender - débute maintenant : celle liée à leur future reconversion professionnelle. « Comme on a tous plus de 50 ans, on se demande bien ce que l'on va devenir », s'inquiète le délégué du personnel Redouan Mandil, qui s'apprête lui aussi à perdre son emploi. Après, pourtant, plus de trente-six ans de service (!). « C'est vraiment dur à avaler. Je n'en dors plus, continue-t-il. En un an, c'est déjà la troisième fois que la direction veut me licencier… »

Quatorze emplois à sauver


Le quinquagénaire s'y est aujourd'hui résigné. Il aurait cependant aimé que les salariés de l'entreprise se « soutiennent davantage » ces dernières semaines. Or, dans les couloirs de GPM Etiquettes, rien n'a bougé. « Ceux qui restent ne veulent surtout pas prendre le risque de se retrouver eux aussi au chômage », avance-t-il.


Une chute d'activité


Car ce qui est actuellement en jeu, c'est bel et bien la survie de l'entreprise implantée sur le parc d'activités de Givet Ouest. « Ce qui arrive est malheureux, mais on ne pouvait de toute façon pas faire autrement. C'était la seule solution qui puisse nous permettre de diminuer les charges, et ainsi de sauver l'unité de production », explique de son côté le PDG, Jean-Pierre Duchesne.

Il faut dire que depuis la fin de l'année 2008, le site n'a pas été épargné par la crise. Ces douze derniers mois, par exemple, l'activité a subi « une baisse de l'ordre de 30 % », estime un rapport de l'administratrice judiciaire, Me Laurence Lessertois. Du coup, après une énième période de chômage partiel début 2010, le tribunal de commerce de Sedan a décidé mi-janvier de placer GPM Etiquettes en redressement judiciaire. Hier, il s'est à nouveau réuni, cette fois pour prolonger la période d'observation (lire ci-contre). Une décision bienvenue pour la direction, d'autant que l'activité semble être repartie à la hausse ces dernières semaines. « Doucement mais sûrement », confirme Jean-Pierre Duchesne. Pas assez vite en tout cas pour permettre la sauvegarde des six emplois menacés.
Pour Redouan et ses cinq futurs ex-collègues, une page va donc se tourner. Dans la douleur. Forcément…

Aurélien AVIGLIANO

Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :