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DÈS 8 h 20, hier matin, l'aube s'étant à peine levée sur le site d'Enia-France, le puissant 4X4 noir pénètre dans l'enceinte de l'usine.
Les salariés ont levé leur barrage de palettes dressées à l'entrée. Benjamin Fuchs, PDG du groupe Enia, accompagné de ses avocats Mes Olivier Masi et Mustapha Oussedrat du barreau de Paris, est pile à l'heure. Immédiatement les délégués syndicaux les conduisent jusqu'au local du CE (comité d'entreprise) où débutent aussitôt les discussions.
Ainsi que nous l'avons avancé dans notre dernière édition l'enjeu était que l'on aboutisse à un dépôt de bilan, seule issue pouvant amener le tribunal de commerce à prononcer le redressement judiciaire de la société, et ipso facto à nommer un administrateur judiciaire

Premier bilan le 4 mars


De fait, lors d'une suspension de séance vers 11 heures, Yannick Vautier, secrétaire du CE et du syndicat CFDT du textile ardennais, vint annoncer aux 186 salariés, réunis à l'extérieur, autour d'un feu improvisé, que Benjamin Fuchs acceptait le dépôt de bilan, et qu'en conséquence deux représentants des salariés, en l'occurrence Yannick Vautier et Fabrice Perrot avaient été désignés auprès du tribunal.
Dès lors Benjamin Fuchs n'avait plus qu'à s'exécuter. Direction le

tribunal de commerce où les parties en présence furent accueillies par Jean-Claude Chef, président de séance, ses deux assesseurs et le procureur Daniel Bouriaud. Le délibéré fut assez bref.
La cessation de paiements étant admise, à la date de ce 7 janvier, les juges prononcèrent le redressement judiciaire, nommant Me Stackler administrateur judiciaire et Me Bruxelles défenseur des intérêts des créanciers, Me Bauer, commissaire-priseur étant chargé de l'inventaire des biens. Le tribunal a fixé à six mois le délai d'observation, et dressera un premier état des lieux le 4 mars prochain.

Bombardés d'œufs


Pour autant Benjamin Fuchs n'en était pas quitte avec les salariés d'Enia. Les policiers du commissariat s'étaient mobilisés afin d'éviter tout débordement.
Mais l'audience à peine terminée, les salariés massés devant le tribunal, se jetèrent à la poursuite du PDG qui sortait par une porte dérobée, le bombardant d'œufs et en l'abreuvant de noms d'oiseaux… Benjamin Fuchs et ses deux compagnons n'eurent que le temps de prendre la poudre d'escampette…
Fin du premier acte, car bien que le rideau ne soit pas tombé, la pièce est encore loin d'être jouée ! En attendant, les salariés ont cessé la grève et reprendront le travail la semaine prochaine.

Jean-Yves

BARZIC

 

Tag(s) : #LES ARDENNES EN DETRESSE

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