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L’annonce de la suppression des conseils généraux et le redécoupage saugrenu des régions, le tout, sans aucune consultation démocratique, suscite des réactions franchement hostiles à gauche (mais aussi à droite).

La fédération CGT des Services publics, premier syndicat dans la fonction publique territoriale, a réaffirmé mardi son opposition à cette réforme territoriale proposée par François Hollande. Pour le syndicat, c’est un "hold-up démocratique et financier". La réforme va se traduire par "moins de services publics", "moins de démocratie", ou encore "moins d'emplois publics" avec "des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires supprimés et des milliers de contractuels licenciés". "Aucune réforme de progrès n'est possible quand l'objectif recherché est de réaliser 11 milliards d'économies sur le service public territorial" pour "financer le pacte de responsabilité et de nouveaux cadeaux au patronat", dénonce la fédération. La CGT s’attaque notamment à la suppression programmée des conseils généraux qui emploient "plus de 300.000 agents" qui représentent "plus de deux siècles de démocratie départementale héritée de la Révolution de 1789, plus de deux siècles sur lesquels le gouvernement prétend tirer un trait". 
Le syndicat réaffirme son souhait d'un référendum sur la réforme et annonce que la journée d'action interprofessionnelle prévue par le syndicat le 26 juin visera notamment à défendre les services publics. Un préavis de grève nationale pour journée a été posé.

"Une réforme hypocrite et dévastatrice" 

Les formations du Front de gauche condamnent tout autant cette réforme. Sur la forme comme sur le fond. "A l'endroit où il faudrait rechercher un nouvel élan démocratique, sa réforme territoriale n'affiche pas d'autre ambition que l'austérité accrue pour les budgets publics et l'accroissement de la compétition entre territoires, conformément aux injonctions européennes" déplore Pierre Dharréville, responsable de la commission République, démocratie et institutions au PCF. "Nous exigeons des référendums pour chaque modification et, c'est essentiel, un grand débat, animé par une Constituante, pour refaire de la République notre bien commun et redonner à l'action publique toute l'efficacité que peut revêtir le pouvoir quand il est réellement exercé par le peuple". Pour Eric Coquerel, secrétaire national du PG et conseiller régional Île-de-France "derrière l’effacement de fait des communes, échelon de base de la démocratie locale, et des départements au profit d’intercommunalités d’au moins 20 000 habitants, de métropoles et de 14 grandes régions est programmée la privatisation rampante des services publics de proximité et l’éloignement des lieux de décision des citoyens."
André Chassaigne, président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée, pointe le risque supplémentaire que cette réforme aggrave les inégalités territoriales, avec "de grandes métropoles supercompétitives d'un côté et des territoires entiers à l'abandon de l'autre".

Si les Verts sont plus modérés sur le fond de la réforme, le redécoupage administratif les laissent perplexes. Le co-président des députés écologistes, François de Rugy, a même qualifié la nouvelle carte des régions de "cauchemar" qui risque de "gâcher une bonne réforme". "On retrouve dans cette espèce de faux-choix, de non-choix ou de choix arbitraire sur le découpage des régions tout ce qui pervertit la République française: l'approche technocratique (...) les barons locaux, en particulier du Parti socialiste et les petits calculs électoraux", a-t-il regretté.

À droite, d’ailleurs, l’UMP n’est pas contre un nouveau découpage territorial, mais pointe une méthode « invraisemblable ». « Alors qu’un consensus commence enfin à se former autour de la nécessaire réduction du nombre d’échelons territoriaux, le redécoupage engagé par le président de la République est totalement désordonné », critique François Fillon dans un communiqué. Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, « doute que le gouvernement ait une majorité pour voter » le texte. Dans cette cacophonie, Manuel Valls a déjà annoncé que la réforme territoriale, examinée par le Parlement dès le mois de juillet, « va forcément évoluer ». 

Des présidents de région dans l’incompréhension

A l'annonce de la nouvelle carte de France, plusieurs présidents de collectivités ont également fait par de leur désaccord, même au sein de la majorité. Le président du conseil régional de Picardie, Claude Gewerc (PS), s'était dit "très surpris" de cette fusion entre la Picardie et la Champagne-Ardenne. « J'ai beaucoup de respect pour la Champagne, mais je ne comprends pas bien la cohérence. Ce lundi matin encore, j'ai discuté avec le ministre de l'intérieur de trois hypothèses : Normandie-Picardie, Picardie - Nord-Pas-de-Calais et Picardie - Champagne-Ardenne - Lorraine ; cette dernière n'ayant pas ma préférence. Mais cette fusion avec la Champagne-Ardenne n'a jamais été évoquée ! » Christian Bourquin, le président divers gauche de la région Languedoc-Roussillon amenée à fusionner avec Midi-Pyrénées, est encore plus sec. "Au départ, Hollande voulait un chiffre strict de 11 régions et il est arrivé à 14. Il a fait une carte des copains, avec toute une série d'exceptions comme l'Aquitaine, la Corse et le Nord-Pas-de-Calais", a-t-il expliqué à l'AFP.  "J'exprime mon désaccord, je suis déçu par le gouvernement mais je ne m'arrête pas là. Je lutte pour cette force du Languedoc-Roussillon, ce serait dommage de s'en passer en France. On est reconnu à l'international et en Europe et on ne serait pas reconnu à Paris?".

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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