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Le leader syndicaliste a laissé la main à Thierry Lepaon. Ses camarades, potaches, ont profité de l'occasion pour dévoiler des aspects méconnus de sa vie pour lui dire au revoir.

De notre envoyé spécial à Toulouse,

«Il faut laisser les manettes et descendre de la loco. Cela s'appelle la relève.» Le cheminot Bernard Thibault, secrétaire général sortant de la CGT, a usé une dernière fois de son sens de la formule, ce vendredi matin, en laissant la place à son successeur Thierry Lepaon, le métallo. Après 14 ans, le voyage s'est terminé pour le syndicaliste lors de la clôture du 50eme congrès de la confédération à Toulouse.

Le leader syndical qui avait fait plié Dominique de Villepin sur le dossier du CPE a séché une larme à la tribune. L'hommage des camarades fut forcément empli d'émotions. Lui-même s'y est laissé aller. «Je dois remercier mon épouse qui a su ne pas être jalouse de la CGT (…) Je t'adore», a lancé à sa femme le d'habitude très pudique dirigeant syndical lors de son discours d'adieu.

L'hommage de la CGT à son secrétaire général fut en grande partie potache. Avec une présentation Powerpoint façon mariage ou, plus justement, départ à la retraite. Photos et vidéos à l'appui. Le millier de congressistes a eu droit aux séquences «Bernard le boss», puis «un mec simple» («c'est quelqu'un de timide», glisse un proche un proche). Ont suivi «un beau motard», «un père». «Un grand pêcheur», apprend-t-on aussi à propos du leader des travailleurs. Et même «un grand sportif», avec photos de l'ex-secrétaire général pratiquant le ski nautique et le ski de fond. Les militants ont aussi interviewé le coiffeur Franck Provost pour lui demander ce qu'il pensait du style de Bernard Thibault. «Peut-être est-il temps de renouveler ce look», a commenté le spécialiste.

La «syndicalisation», une priorité

Le nouveau secrétaire général Thierry Lepaon s'est aussi plié à l'exercice imposé de l'hommage en l'honneur de «ce camarade étonnant, j'oserais dire décoiffant». Plus sérieusement, «Bernard a profondément contribué à faire bouger la CGT et à transformer son image», a commenté son successeur.

La seule critique du bilan a émané de Bernard Thibault lui-même. «Je nous trouve trop hésitants, trop frileux, trop lents, trop craintifs», a-t-il lâché, pour inciter ses camarades à «ouvrir en grand les portes de la CGT» afin de recruter de nouveaux militants. L'homme a en effet raté un de ses objectifs, atteindre le million de syndiqués (ils environ 690.000 à ce jour). Le 50eme congrès a donc décidé de faire de la «syndicalisation» une priorité pour les trois ans à venir.

Combats internes

Pour le reste, le bilan de Bernard Thibault de ces trois dernières années a été approuvé à 85% par les délégués réunis à Toulouse cette semaine. Et ce, malgré des mois de combats internes entre prétendants à sa succession. Malgré aussi, au congrès, une opposition minoritaire mais très bruyante, dans la grande tradition des congrès de la CGT. «On ne prend pas les décisions en fonction des décibels mais après un débat et des procédures démocratiques», a insisté Bernard Thibault.

Un point a semblé toutefois diviser les militants: le «syndicalisme rassemblé» cher à Thierry Lepaon, c'est-à-dire la volonté de mener des actions avec les autres syndicats. Comme défiler le 1er mai aux côtés de la CFDT, qui a signé l'accord national sur l'emploi jugé «scélérat» à la CGT. «Le 1er mai, je ne manifesterai pas avec la CFDT», s'est exclamé un délégué de Seine Saint Denis à la clôture du congrès, provoquant un tonnerre d'applaudissements. De Bernard Thibault à Thierry Lepaon, il y a une chose qui ne change pas, comme l'a glissé le deuxième: «C'est toujours compliqué d'être à la tête de la CGT».

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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