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Après la Grèce, l’Espagne et le Portugal, c’est au tour de l’Italie d’entrer dans la tourmente. La France sera peut-être épargnée jusqu’aux élections de 2012 mais nous n’y couperons pas : Il faudra payer l’addition… des plus riches.

Dans son édition du 6 juillet 2011, Le Canard Enchaîné pointe l’héritage que Christine Lagarde a légué à François Baroin, son successeur au ministère de l’Économie et des Finances. Pour faire court, la grande argentière du capitalisme chancelant a laissé une France exsangue. Tous les indicateurs clignotent dans le rouge : Déficit budgétaire et endettement records, consommation des ménages en berne, prévision de croissance revue à la baisse, chômage revu à la hausse, déficit abyssal de la balance commerciale… On ne trouvera aucun motif de satisfaction dans le bilan de Madame Lagarde pourtant plébiscitée par ses pairs.

Si la France était au «bord de la faillite» (selon l’expression de François Fillon au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy), aujourd’hui, la banqueroute menace !

Et ne comptons pas sur nos alliés européens pour raviver la flamme de la croissance qui fait cruellement défaut au vieux continent : les «cochons» du surendettement sont en passe d’être saignés à blanc l’un après l’autre. Aux PIGS du début : Portugal, Irlande, Grèce et Espagne (Spain en anglais), on peut aujourd’hui ajouter un autre « I », celui de l’Italie qui s’enfonce inexorablement dans la déconfiture et, sans doute dans les mois à venir, un « F » (comme France), puis un « B » (comme Belgique) et un « GB » (comme Grande-Bretagne)… Toutes les lettres de l’alphabet vont y passer.

À mesure que les classes populaires européennes s’enfoncent dans le marasme, le chômage, la précarité et la paupérisation – autant de maux dénoncés par des dizaines de milliers d’Indignés – les nantis, eux, ont trouvé dans la crise passée, présente et future, matière à arrondir leurs revenus, leurs patrimoines et leurs fortunes.

En France, le marché de l’immobilier en est l’indicateur le plus pertinent, le plus outrageux aussi. Sur le seul premier semestre 2011, il a gagné 7%. À Paris, le mètre carré dépasse à présent les 8.000 euros. Ce qui nous donne : 160.000 euros pour un studio de 20 mètres carrés, 320.000 euros pour un petit deux-pièces de 40 mètres carrés, 640.000 euros pour un appartement de 80 mètres carrés, soit plus de 4 millions de francs.

Prenons un couple qui dispose d’un apport de 50.000 euros et souhaite acquérir un deux-pièces à Paris. Pour rembourser son prêt de 270.000 euros sur 10 ans, il lui en coûtera 2.700 euros par mois HORS INTÉRÊTS. Et sur 20 ans : 1.350 euros par mois HORS INTÉRÊTS… pour 40 mètres carrés. Pas un de plus ! Pour y subvenir, ce couple doit disposer d’un revenu net au moins égal à trois fois le montant de son remboursement, c’est-à-dire 8.100 euros dans le cas d’un emprunt sur 10 ans, et plus de 4.000 euros pour un emprunt sur 20 ans. Ceci HORS INTÉRÊTS.

Cette flambée des prix ne contrarie d’aucune manière le marché de l’immobilier. Les biens proposés dans les agences mettent – en moyenne – moins d’un mois à trouver acquéreur. Et les acheteurs qui se disputent les rares logements disponibles à la vente sont, pour beaucoup, des «investisseurs». Ils n’y résideront donc pas et les proposeront à la location. Voilà qui donne la mesure du fossé qui se creuse entre ceux qui subissent la crise et ceux qui continuent à s’enrichir.

Et ces richards sont aussi ceux qui contribuent le plus au déficit de notre balance commerciale, par leurs achats de produits de luxe en provenance de l’étranger. Depuis 10 ans, les ventes de voitures haut de gamme, souvent allemandes, explosent. Les rues de la capitale et des grandes métropoles fourmillent aujourd’hui d’Audi, de BMW, de Mercedes, de Porsche, de Maserati, à 100.000 ou 150.000 euros le véhicule.

Ce sont les mêmes qui passent leurs vacances dans des destinations de rêve, à l’autre bout du monde, aux Maldives, aux Seychelles, en Australie… à 5.000 euros la semaine par personne, à 10.000 euros en couple, à 15.000 euros ou plus avec des enfants. Des budgets vacances de 30.000 euros ou de 160.000 euros par personne (pour un tour du monde) ne sont pas des cas isolés !

Ce sont les mêmes aussi qui, à la direction de leurs entreprises et de leurs commerces, délocalisent leurs productions vers des contrées où la main-d’œuvre est bon marché, entretiennent ainsi le chômage de masse et favorisent la précarité.

Les mêmes qui usent et abusent des combines pour échapper à l’impôt, pour placer tout ou partie de leurs fortunes sous d’autres latitudes moins regardantes, moins contraignantes. Les mêmes qui peuvent déployer une armada d’avocats pour défendre leurs intérêts quand les administrations s’intéressent de trop près à leurs «arrangements».

Et ce sont enfin les mêmes qui exigent un «assainissement» des comptes publics, une baisse des cotisations sociales (qu’ils qualifient de «charges») et qui préconisent la «rigueur»… pour les autres, pour tous ceux qui végètent au bas de l’échelle.

La crise, c’est eux qui en profitent, c’est nous qui la payons !

Voilà la raison pour laquelle nous ne sommes pas prêts d’en sortir. On peut d’ores et déjà annoncer qu’elle va s’amplifier.

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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