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Une étude révèle que le taux moyen des augmentations de salaires, qu'elles soient générales ou individuelles, ne dépassera pas 3% cette année : un recul «historique».

L'enquête annuelle du cabinet de conseil en management des ressources humaines Hewitt Associates porte sur 69 entreprises, tous secteurs d'activité confondus, qui emploient quelque 721.000 salariés. Elle prédit pour 2009 un taux d'augmentation moyen de 2,8% contre 3,3% en 2008. Un recul qualifié d'«historique» puisque, selon l'un de ses auteurs, «depuis vingt ans, on a jamais eu un taux inférieur à 3%». Pour La Tribune, les augmentations de salaires qui seront appliquées en 2009 devraient même être les plus faibles depuis trente ans.

Ces projections sont conformes à une récente enquête SVP où 82% des dirigeants de PME-PMI interrogés déclaraient envisager de geler ou limiter les augmentations en 2009. «Les entreprises ont fortement réduit les salaires en fin d'année pour réagir à la crise», et elles «ont arrêté de pratiquer le saupoudrage qui consiste à augmenter très peu tout le personnel, préférant cibler quelques candidats qui ont réalisé de bonnes performances», explique l'expert de Hewitt Associates au Parisien. Dans certains cas, les avantages en nature prendront le relais : «Tout ce qui est rémunération non monétaire est valorisé actuellement», précise-t-il.

Selon La Tribune, les dirigeants et les cadres débutants devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu tandis que, comme toujours, les ouvriers et les employés seront lésés.

Pire, l'austérité pourrait «s'infléchir davantage» : Hewitt Associates fait état d'une hausse moyenne des rémunérations de 2,6% en 2010. Avec une masse salariale toujours plus rognée et un contexte fiscal très favorable, la rentrée s'annonce résolument profitable pour le patronat.

Ce chômage, quelle aubaine !

«Quand le chômage augmente, cela crée une pression à la baisse sur les salaires. Tant qu'on ne verra pas de retournement sur le marché de l'emploi, le niveau des salaires aura du mal à évoluer», estime Eric Heyer, directeur adjoint à l'OFCE. Notons que le phénomène est ancien, le chômage de masse — ou plutôt le «taux de chômage non accélérateur d'inflation», volontairement maintenu à environ 8% — ayant depuis plus de 20 ans favorisé un gel progressif des salaires avec, pour conséquence, un endettement accru des ménages. Surendettement qui est à l'origine de l'effondrement du système financier mondial et de la crise économique actuelle : souvenez-vous que tout est parti des fameux subprimes étatsuniens...

Seule consolation pour les salariés français, nous dit-on : notre bas niveau d'inflation (la revoici, et pour cause !) à 0,5% cette année, selon l'INSEE, leur permettra de conserver une partie de leur pouvoir d'achat. Ben voyons ! Un taux poudre-aux-yeux dont on se demande comment il est calculé tellement personne n'a l'impression que les prix se soient stabilisés. Loyers, gaz et électricité, alimentation… tout continue d'augmenter, et certainement pas de 0,5% ! Ajoutez-y une petite taxe carbone, une nouvelle liste de médicaments non remboursés, des cigarettes encore plus chères, et le tour est joué.

Austérité — et flexibilité — pour le salariat : avec la crise, les vannes sont désormais grandes ouvertes ! Quant aux chômeurs, depuis longtemps ils savent que décrocher un CDI décemment rémunéré qui leur permette de vivre est un mirage. Le gouvernement l'a, d'ailleurs, ouvertement entériné par sa loi sur «l'offre raisonnable» (qui révise leurs prétentions salariales à la baisse) et la création du RSA pour les travailleurs «modestes» (qui resteront pauvres et assistés bien qu'ils aient un emploi).

Jusqu'à quand cela va-t-il durer ? Encore longtemps, visiblement. Nous sommes bel et bien entrés dans une spirale infernale que rien ne peut arrêter, tant les conservateurs qui nous dirigent s'agrippent à leurs convictions et s'escriment afin que, surtout, rien ne change. Cela s'appelle scier la branche : une stratégie de court terme éminemment suicidaire
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Source actuchomage
Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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