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Telle est la dernière saillie de la ministre du Budget Valérie Pécresse (dont Sébastien Proto fut le brillant directeur de cabinet).

Dans son interview accordée au Monde daté du 30 mars, Valérie Pécresse, ministre du Budget et porte parole du gouvernement, a enfin trouvé la raison du creusement de 500 milliards d’euros de la dette publique depuis 2007 : les plus fragiles. Oubliant ainsi les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux riches contribuables, ou la baisse de la TVA sur la restauration...

«Par ailleurs, puisqu’on nous reproche toujours d’avoir accru la dette publique de 500 milliards d'euros, je voudrais apporter la précision suivante : depuis 2007, nous avons dépensé 560 milliards en dépenses sociales pour les plus fragiles», a expliqué la ministre du Budget. Marianne a donc demandé cette fameuse addition aux autorités compétentes.

Comme le montre les documents que nous ont fourni les services de Bercy, un ensemble hétéroclite de dispositifs sont additionnés pour aboutir à ce chiffre. En fait, toutes les prestations et autres allocations à caractère social de l’Etat et des caisses de Sécurité sociale sont listées. On trouve ainsi l’indemnisation du chômage pour 188,5 milliards d’euros sur le quinquennat (soit un tiers du total), les allocations familiales et logement pour 142 milliards d’euros, la solidarité vieillesse pour 92,3 milliards d’euros, le handicap et la dépendance, le RSA etc…

Accoler ces deux chiffres est évidemment une présentation visant à créer un lien de cause à effet : les 500 milliards de dettes seraient la conséquence de 560 milliards de dépenses sociales.

Seulement, sur le quinquennat, ce sont plus de 5.500 milliards d’euros qui ont été dépensés, dont 500 ont été empruntés (en fait davantage que ce que dit Valérie Pécresse : fin juin 2007, la dette était de 1.221 milliards et devrait atteindre 1.770 en juin 2012).

Pourquoi, alors ne prendre en compte que les seules dépenses à caractère social ? La ministre pourrait tout aussi bien additionner cinq ans de budget de la Défense nationale, de l'ordre de 200 milliards d’euros, 100 milliards de remboursement de médicaments, etc…

Enfin, le quinquennat n’a pas été une simple gestion des affaires courantes. Des choix budgétaires ont été opérés par Nicolas Sarkozy. La loi Tepa a couté 50 milliards d’euros sur la mandature; la baisse de la TVA sur la restauration, près de 11 milliards d’euros. La réforme de la taxe professionnelle s’est faite également à crédit : son coût sur 5 ans a été de 20 milliards. Quant au crédit impôt recherche renforcé, décidé sous ce quinquennat, c’est encore une vingtaine de milliards...

Imputer l'accroissement de la dette aux seuls démunis est plus qu'une faute de pédagogie : c'est une façon de travestir la réalité et de ne pas assumer une politique.

(Source : Marianne)


NDLR : Les questions que Madame Pécresse refuse de se poser sont de comprendre pourquoi il y a de plus en plus de pauvres dans nos pays riches et, surtout, pourquoi ils le sont devenus.

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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