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  • => Plus fort encore que l'emprunt Giscard indexé sur l'or - une catastrophe pour les finances publiques ;

  • => plus insondable que le plan informatique des années 80, qui s'avérera un gouffre sans fond,

  • => la privatisation des autoroutes, finalisée en 2005 sous la présidence Chirac, figure déjà en tête du concours de « la plus mauvaise affaire jamais faite par l'Etat ».  

Un récent rapport de la Cour des comptes le confirme.

Il donne même une vision apocalyptique de la situation : l'Etat serait totalement démuni, déculotté, face à Vinci, Eiffage et Sanef, les trois principaux proprios des autoroutes hexagonales, installés tels les gras fermiers généraux de l'Ancien Régime sur leurs 9 000 km de concessions.

  • => Péages en hausse continuelle,
  • => explosion des bénéfices,
  • => prorogation quasi automatique des concessions.

En laissant s'engraisser les rentiers de l'or gris, l'Etat régulateur fait peut-être pis encore que l'Etat propriétaire, qui leur avait cédé à vil prix les autoroutes en 2005. « Les conditions actuelles ne permettent pas de garantir que les intérêts des usagers et de l'Etat sont suffisamment pris en compte », euphémise Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes.

Comment cette situation a-t-elle pu perdurer ?

Comment l'Etat a-t-il pu rester les bras ballants devant un tel détournement de l'argent du contribuable au profit d'intérêts privés ?

Les profiteurs, on les connaît : ce sont les actionnaires de Vinci (ASF, Cofiroute, Escota), d'Eiffage (SAPN, APRR), les deux géants tricolores du BTP, et d'Albertis, leur cousin espagnol (Sanef présidé, on ne rit pas, par Alain Minc, grand promoteur de la privatisation). Le candidat Hollande avait promis d'y mettre fin. Aujourd'hui, il envisage de proroger la rente de trois ans...

Comme si le permanent lobbying des autoroutiers, parmi les plus efficaces, laissait les usagers à la merci de ceux qui s'engraissent à leurs dépens en pressurant l'affaire que ces mêmes usagers ont à l'origine financée. Autrement dit, tous les citoyens - automobilistes au pouvoir d'achat affaibli, salariés ou petits patrons d'entreprise dont les surcoûts de transport dégradent la compétitivité - doivent payer la note - salée.

Sur la route des vacances, au moment de franchir le péage autoroutier, le conducteur a toutes les raisons de sentir son portefeuille frétiller.

Le sentiment de se faire détrousser s'installe.

La martingale des profiteurs est en effet implacable. En moyenne, tous véhicules confondus, c'est 12,5 centimes qu'il faut cracher pour parcourir chacun des 9 000 km d'autoroutes payantes en concession.

  • => Pour les véhicules de tourisme, il faut compter jusqu'à 10,5 centimes en moyenne, contre 8,3 en 2005 (presque + 30 % !).
  • => Et cela monte jusqu'à 14,5 centimes pour aller de Chamonix à Chambéry (soit un ticket à 12,70 €).
  • => Presque deux fois le kilomètre pour le Paris-Lyon (7,23 centimes), par l'A6, section pourtant ultra-amortie.

De petits ruisseaux qui font d'immenses fleuves.

Ensemble, ASF, Cofiroute, Sanef et consorts encaissent, dans l'année, 10,5 milliards d'euros. Une aubaine pour leurs actionnaires, les grands groupes de BTP, car chacun des kilomètres parcourus sur leur réseau génère en moyenne près de 2,57 centimes de bénéfice net...

Faites le calcul.

  • => Avec 83,8 milliards de kilomètres facturés, une manne de plus de 2 milliards tombe chaque année dans leurs poches, près de 43 % de plus qu'en 2005.
  • => A ce rythme-là, les 15 milliards payés en 2006 lors de la privatisation seront remboursés dans trois ans !
  • => Et la poule aux œufs d'or est dans leur poulailler pour encore vingt longues années (au moins).
  • => Jusqu'en 2033.

Martingale ?

Au moment où les autoroutiers font pression sur l'Etat pour proroger (une fois de plus) leur concession, le récent rapport de la Cour des comptes en décrypte les méthodes.

Insensible à la baisse du trafic, le chiffre d'affaires des autoroutiers poursuit inlassablement sa progression. Bizarre. Donc, quand le trafic croît, c'est le Pérou.

Côté coûts, les économies, elles, sont au rendez-vous.

  • => De la réduction des moyens affectés à l'entretien des chaussées
  • => jusqu'à l'automatisation à marche forcée des bornes de paiement qui permet de réduire les charges de personnel,
  • => tout est bon pour tirer un maximum des péages.

Sans compter que le temps joue pour eux : l'amortissement de nombreux tronçons allège chaque année le coût de leur endettement.

Résultat mécanique : le chiffre d'affaires progresse trois fois plus vite que l'inflation, quand le bénéfice net, lui, met le turbo, avec une vitesse quatre fois supérieure à celle des prix.

hausse_tarifs_autoroutiers.jpg


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Voilà qui confirme la justesse des positions de la CGT qui a toujours combattu les privatisations !

Car lorsqu'on propose les privatisations, le margoulin qui le fait "ne nous dit pas tout". Et n'oublions pas que... "les promesses n'engagent que ceux qui les font" (proverbe !).

Le margoulin ne dit jamais que lorsqu'on privatise on introduit un nouvel acteur dans "le jeu": l'actionnaire ! Celui-ci n'est pas un philanthrope; il en veut "toujours plus" !

Aujourd'hui l'actionnaire est pire que le percepteur !

Plutôt que le "raz-le-bol fiscal" c'est le "raz-le-bol actionnarial" qui serait logique !

Tag(s) : #DIVERS

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