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http://cfdt-umm-fc.typepad.com/weblog/images/orchestre_3.jpgSous la pression du gouvernement, l’Assistance publique des Hopitaux de Paris projette de démanteler le réseau hospitalier pour faire des économies. Depuis ces annonces, l’inquiétude monte du côté des médecins et des syndicats qui craignent pour leurs emplois et la qualité de l’offre de soins.

La casse de l’hôpital public menace d’atteindre un point de non-retour. Le plan de regroupement et de restructuration voulu par le ministère de la Santé par l’entremise du directeur général de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), Benoît Leclercq, détruit le paysage hospitalier parisien. Les 37 structures de l’AP-HP vont être rassemblées en 12 groupes hospitaliers, eux-mêmes organisés en zone Nord, Est, Sud, Ouest. L’objectif de ce démantèlement est, comme toujours, de faire des économies.

3 000 à 4 000 emplois menacés

L’AP-HP enregistre un déficit de 1,9 milliard d’euros en 2009. D’ici à 2012, elle devrait diminuer de 300 millions d’euros ses coûts de fonctionnement. Après avoir lâché quelques informations en novembre, les membres du conseil exécutif de l’AP-HP ont annoncé les mesures pour 2010-2012. De 3 000 à 4 000 emplois sont menacés sur un total de 92 000. La nouvelle a soulevé un tollé général  : la CGT dénonce « une gangrène qui détruit l’offre de soins de proximité », c’est « un grand gâchis » pour FO, la CFE-CGC et le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) fustigent les risques accrus d’erreurs médicales dans un contexte de pénurie de soignants. Ambiance.

Les hôpitaux commencent donc à partir en lambeaux. Armand Trousseau devrait perdre 70 % de ses activités. Le conseil exécutif a décidé le regroupement des services de pédiatrie spécialisés à Robert-Debré et à Necker. Trousseau recueillera les activités obstétriques de Saint-Antoine. Et ce dernier verra arriver 15 000 urgences de Tenon. Saint-Vincent-de-Paul serait presque entièrement démantelé. « L’AP-HP veut vendre le bâtiment, justifie Olivier Cammas de la CGT de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Sur les 347 employés à reclasser à l’hôpital Necker (qui fait partie du même groupe que Saint-Vincent-de-Paul), seuls 150 pourraient y aller, mais le bâtiment n’est pas encore fini », poursuit-il. La fusion de Bichat et Beaujon est aussi en marche. D’autres hôpitaux comme Fernand-Widal, Paul-Brousse, Saint-Vincent-de-Paul et l’Hôtel-Dieu sont carrément voués à la disparition, pour faire un maximum d’économies. « La réfection de l’Hôtel-Dieu coûterait 280 millions alors que la création de 450 nouveaux lits à Necker ne coûte que 180 millions », tente de justifier Benoît Leclercq.

Des centaines de postes supprimés, des habitudes de travail chamboulées et des soins dégradés  : voilà ce qui attend l’AP-HP d’après les syndicats. Quand on sait que les chiffres, les estimations, les dates annoncées par le conseil exécutif sont plus qu’approximatifs, l’incertitude est totale. Pour le professeur Bernard Granger, secrétaire du Mouvement de défense de l’hôpital public, regrouper n’est pas forcément une mauvaise chose. « Des rénovations sont nécessaires mais pas dans une telle panique  ! » constate-t-il. S’il y a urgence, c’est que les hôpitaux publics sont maintenant sous le joug d’une logique plus économique que de service public. Depuis l’instauration de la T2A (la tarification à l’acte) en 2007, la logique comptable régit le fonctionnement de l’hôpital. Les recettes des hôpitaux sont amoindries, car les actes médicaux ne sont pas facturés à leur juste prix, selon les détracteurs de la T2A. Ce qui contribue encore plus à creuser le déficit des hôpitaux, un cercle sans fin. La réformes HPST (hôpital patient santé territoire) a achevé de mettre en place cette logique. « Le mode de gestion actuel ne prend pas en compte les besoins des patients », estime Bernard Granger. Après le choc de la découverte du plan dans la presse, les syndicats ont rencontré jeudi la direction de l’AP-HP . « Nous n’avons pas de marge de négociations, nous subissons le projet. Les conséquences sur l’offre de soins avec les suppressions d’emplois vont être désastreuses », constate Rose-May Rousseau, secrétaire de la CGT à l’AP-HP.

L’intersyndicale contre le démantèlement

Les syndicats de l’AP-HP (FO, Usap-CGT, SUD et CFTC), organisés en intersyndicale, s’érigent contre le démantèlement de l’Assistance publique. Ils s’opposent à la destruction du plus grand CHU européen et appellent à organiser des assemblées générales. Deux ont déjà eu lieu à Trousseau et à l’Hôtel-Dieu. Ils exigent l’arrêt des suppressions d’emplois et des fermetures de services. De leur côté, les professeurs du Mouvement de défense de l’hôpital public menacent toujours de démissionner de leur fonction administrative de l’AP-HP si les suppressions de postes venaient à se faire « sans justifications médicales ». C’est-à-dire sans impact sur la qualité des soins. Médecins et syndicats sont en contact pour mener une lutte commune contre la mort de l’hôpital public.

Cécile Rousseau

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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