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A chaque rentrée c’est la même galère pour les étudiants qui souhaitent se loger. Cet été le ratio moyen entre l’offre et la demande s’élève fin août à 5,6 pour les deux mois d’été. Trouver un logement accessible face à la pénurie d’offres relève donc du parcours du combattant. Dans ces conditions les propriétaires n’hésitent pas à imposer des conditions d’accès au logement de plus en plus difficiles: lourdes cautions, impératif d’avoir des garants bien payés… et cela pour avoir accès à des appartements le plus souvent de mauvaise qualité, à des loyers prohibitifs ! Sans compter les agences, véritables parasites inutiles, qui s’en mettent plein les poches au passage… Face à cela l’état s’est complètement désengagé.


En France, 7% des étudiants sont logées par le CROUS en 2011 contre 50% en 1963. Avoir une chambre en cité U devient un privilège, l’aboutissement d’une démarche administrative complexe qui commence plus de 6 mois avant l’emménagement et qui en fait abandonner plus d’un.

Le coût du logement peut avoir un impact rédhibitoire pour les familles issues des classes populaires et moyennes qui ne vivent pas à proximité des grands pôles. Il peut même induire le choix de la filière pour rester au domicile. De manière générale il retarde la prise d’autonomie des étudiants pourtant nécessaire à leur émancipation. Ainsi, de nos jours, 33% des étudiants vivent chez leurs parents contre 11% en 1965. Pour payer leurs loyers la moitié d’entre eux sont contraints de se salarier pendant notre année universitaire, ce qui accentue fortement le risque d’échec scolaire.


Cet échec, ce sont avant tout les étudiants issus des classes populaires et moyennes qui en sommes victimes. Comme le montre l’Observatoire de la Vie Etudiante, les fils d’ouvriers et d’employés sont chaque année de moins en moins nombreux à l’université. L’université, lieu d’émancipation pour tous devient une machine de reproduction de classe.

En effet qui peut prétendre accéder aux meilleures filières (lorsqu’elles ne sont pas payantes) tout en ayant une activité salariée de 20h par semaine ou avec un trajet de 4h tout les jours entre le domicile et les cours ?


 

Face à cela le ministre de l’enseignement supérieur Mr Laurent Wauquiez agite son passeport étudiant pour mieux masquer son absence de réponse à la crise du logement que vivent les étudiants. Cette mesure est en faite un retour en arrière par rapport au LOCAPASS annoncé il y a un an par le gouvernement. Ce fond mettait à la disposition des jeunes une caution gratuite et l’avance du 1er mois de garantie. Désormais, avec le nouveau “Passeport logement”, les étudiants devront payer un forfait à des banques privées « partenaires » pour profiter du même service. Ainsi les étudiants devront payer 50€ par an pour profiter du passeport, alourdissant ainsi un budget déjà serré.

Ainsi si la réforme ne fournie pas les dizaines de milliers de logements manquant dans notre pays, si elle ne fait pas non plus baisser les prix de l’immobilier, elle ne soulage que très partiellement les familles précaires qui y auront accès.

De plus on peut craindre que les banques « partenaires » choisies profitent de cette entrée pour faire prendre des prêts étudiants aux plus précaires d’entre nous. Ces prêts dont les conséquences calamiteuses sont observables dans bien des pays -poids du remboursement dans la vie active, obligation d’accepter n’importe quel travail pour rembourser- servent au final bien plus les banques en recherche de profits que les étudiants en quête d’autonomie.

On ne le répétera jamais assez : L’accès au logement étudiant n’est pas un luxe. C’est une condition fondamentale pour réduire les inégalités.

  • En permettant l’accès aux études de son choix quel que soit l’endroit ou elles sont proposer en France
  • En limitant les heures passées dans les transports, permettant ainsi d’étudier dans de bonnes conditions
  • En permettant d’accéder à l’autonomie
  • Appliquer la loi sur la réquisition des logements vides. Pour accroitre l’offre publique et ainsi faire baisser les prix.
  • Faire des campagnes d’information, et mener des poursuites judiciaires systématiques contre les propriétaires proposant aux étudiantes de payer « en nature » – la prostitution estudiantine étant un fléau en pleine croissance.

et  à long terme:

  • Mener une politique de constructions nouvelles et diversifiées pour répondre aux attentes de chacun.
  • Créer des logements sociaux à haute qualité environnementale.
  • Ces mesures doivent s’accompagner de la rénovation du parc actuel aujourd’hui à l’abandon.

 

 Source

 

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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