Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

302263_237622376293216_100001363671692_580552_912912621_n.jpg

 

La droitisation du PS n’en finit pas, et c’est sans suspense que François Hollande a nommé Valls premier ministre. Dans la foulée de sa nomination, ce dernier a  annoncé toute une batterie de mesures en faveur du Medef, et entre autre, l’exonération de cotisations sociales sur les salaires payés au SMIC. Les plus optimistes pensent que c’est une folie parce qu’à la longue, les employeurs maintiendront les gens au SMIC pour ne pas  payer de cotisations et qu’au final nous serons tous payés au SMIC. Mais, en fait, c’est pire que ça, les gens ne resteront pas au smic, parce qu’ensuite on étendra la mesure aux salaires égaux à une fois et demi le SMIC, puis à deux fois, puis… ce sera la fin de toute la protection sociale ! Notons au passage que les salariés ne bénéficieront pas automatiquement par cette suppression d’une augmentation de leur salaire, car aucune contrepartie n’a été imposée au patronat. Une fois de plus les politiques de l’emploi ne sont que des cadeaux successifs au patronat sans que cela n’ait le moindre effet sur l’emploi.

Le régime général de la Sécurité Sociale est déjà ponctionné chaque année de plusieurs milliards d’euros au nom de la compensation inter régimes, pour boucher les déficits des régimes de non-salariés ; voilà maintenant qu’après avoir mis en place tout un système de baisse de cotisations pour les employeurs, le pouvoir organise et aggrave le déficit en abaissant la cotisation « allocations familiales  » des employeurs, en exonérant de la totalité des cotisations les entreprises qui ont des salariés payés au SMIC. Mais au final, qui va payer pour compenser ces baisses de charges ?

Et bien oui, Banco, ce sont effectivement les salariés qui payeront  par le biais de la baisse des allocations, des remboursements maladie, des durcissements des droits d’accès à la retraite, le transfert des cotisations sur l’impôt direct ou indirect comme la TVA, la CSG. Les salariés doivent comprendre que les cotisations, renommées « charges » par le Medef, les politiques et les médias, font partie intégrante de leur salaire, c’est un salaire différé qui alimente toute notre protection sociale et familiale ! Et ce n’est pas avec les éventuels 500 euros par an (41,66 euros par mois) que nous pourrons payer pour nous et nos enfants des mutuelles santé,  une assurance chômage ou un congé maternité.

Or en abaissant le pouvoir d’achat des salariés, le pouvoir PS qui dit vouloir créer de la croissance pour relancer l’économie fait l’inverse, ces mesures sont de nouvelles mesures d’austérité pour la très grande majorité de la population et vont donc au contraire limiter la croissance et aggraver la dette de la France ; notre pays est en train d’entrer dans le cycle infernal de l’austérité, qui crée plus de pauvreté et donc plus de dette. L’orientation libérale de F. Hollande est confirmée par sa décision de prendre un ancien collaborateur de Sarkozy comme secrétaire général de l’Elysée !

Au-delà des appels grandiloquents à la confiance, à la justice sociale, à la vitalité de la jeunesse, à la grandeur de la France, la déclaration de politique générale du premier ministre Manuel Valls confirme la mue achevée du PS. L’essentiel se résume en un transfert du financement des baisses de cotisations patronales et de la fiscalité des entreprises sur les salariés, les chômeurs, les retraités, sans aucune obligation sociale contraignante ni pour le patronat, ni pour les détenteurs de capitaux. Ce n’est pas la baisse des cotisations salariales des salariés au SMIC qui va compenser l’immense injustice sociale de la politique gouvernementale.

Ce gouvernement, comme le précédent, ne cherche pas à aller à la source même du déficit, à savoir les pertes fiscales monstrueuses résultant de la sous imposition des plus riches particuliers et des plus grosses entreprises, des cadeaux fiscaux, des exonérations sans contrepartie, des facilités données à la fraude de haut vol. Les 50 milliards d’économies sur trois ans répartis entre l’Etat, l’assurance maladie et les collectivités territoriales, c’est moins de politiques publiques pour les plus modestes, moins de services publics et moins de protection sociale. Ces mesures vont alimenter au final la récession économique et fragiliser encore plus les couches populaires et préparer le terrain au FN pour la plus grande satisfaction de la bourgeoisie !

« Lorsque tout sera privatisé, nous serons privé de tout ! »

 

source

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

Partager cet article

Repost 0