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Dans les années qui viennent, de nombreux médecins vont partir à la retraite et beaucoup ne seront pas remplacés. D’abord parce que nous n’en formons pas assez et ensuite, comme chaque médecin peut s’installer où il veut, beaucoup n’ont pas encore réalisé que la France ne se limite pas à la région parisienne et à la côte d’azur. C’est vrai que dans leur formation on ne leur parle pas beaucoup de géographie ! Par contre la majeure partie d’entre eux a vite compris que pour doubler son salaire il suffit d’abandonner le secteur 1 et se mettre en secteur 2. Le revers de la médaille pour les usagers c’est que tout ceux qui ne peuvent pas payer se dirigent vers les services d’urgences. Dans certaines grandes villes, les urgences se retrouvent de ce fait complètement engorgées par des personnes qui pourraient être soignées chez un simple médecin.


S’il est bien un secteur où la notion de rentabilité doit être relativisée, c’est bien celui de  la santé. Il faut donc que les soins soit accessibles à tous et que les tarifs soient sévèrement encadrés ;  non, la médecine n’est pas une marchandise comme une autre ! Il faut également que la répartition des médecins soit homogène sur tout le territoire. Les principales sources de financement des professionnels de santé sont la sécurité sociale et les impôts des citoyens qui payent leurs études universitaires. A ce titre, la nation devrait être en mesure de décider des affectations des médecins nouvellement diplômés et encadrer leurs tarifs. Pendant une période de 10 ou 15 ans, ils devraient être soumis à des règles fixées par la société, quitte à ce que ceux qui sont dans des régions peu peuplées touche une subvention de l’Etat. Mais comme bon nombre de professionnels de la santé ont une carte à l’UMP ou au PS ou même sont députés, ce n’est donc pas demain que cela changera.


Un autre problème est celui du « numerus clausus ».  Il est facile de former autant de médecins que l’on en a besoin, les volontaires remplissent les campus, alors pourquoi avoir des quotas si limités ? Y-a-t-il un « numerus clausus » pour les informaticiens, les plombiers ou les boulangers ? Lorsqu’un chercheur, un ingénieur ou un électricien réussit son examen avec 15 de moyenne, on ne lui dit pas « désolé, mais vous êtes 465eme, et cette année l’on ne prend que les 450 premiers » et l’examinateur pourrait ajouter « c’est dommage car l’année dernière l’on en prenait  310, mais avec vos notes vous seriez passé, car les 100 derniers retenus avaient à peine 12 de moyenne ! ». Donc avec ce système de numerus clausus, il y a des années avec de bons crus et d’autres de moindres qualités.


Et s’il y avait aussi un mauvais calcul de la part de nos dirigeants et de la sécurité sociale ? Si l’on est en manque de médecins, cela veut dire que dans les endroits où il y avait trois médecins, il y en aura bientôt plus que deux. Donc si chaque médecin fait environ 30 ordonnances par jour, trois médecins en font 90, mais deux médecins n’en feront plus que 60 ! Soit une économie de remboursements de 30 ordonnances ! On laisse de ce fait une place importante à l’automédication, pour tout ce qui est petits bobos, ou parfois plus graves, sans toucher aux bénéfices de l’industrie pharmaceutique, qui grâce au déremboursement des médicaments, peut vendre directement ses produits aux consommateurs. On parle souvent de médecine à deux vitesses, non ?


Tout le monde sait que le médecin fait le fameux « serment d’Hippocrate » mais également « le serment français des médecins », lequel précise que : « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. » Donc, s’ils ne se laissent pas influencer par la soif du gain … A ce propos les industriels des laboratoires pharmaceutiques ont-ils aussi un code de déontologie?

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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