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De façon tout à fait opportune, le Medef vient de lancer un nouveau baromètre : Tendance emploi compétence (TEC),  destiné à montrer que les chômeurs refusent des emplois, pourtant vacants. Baromètre qui pourrait surtout servir à l'organisation patronale pour durcir les conditions d'indemnisation chômage.

 

De tous temps, il y a eu des métiers ou des entreprises rencontrant des problèmes pour recruter du personnel. Les raisons sont connues de tous : trop exigeantes, salaires trop bas, conditions de travail difficiles, attitude des employeurs. Nous avons, tous en mémoire, des entreprises, petites ou grosses où le turn over est le seul moyen de gestion des ressources humaines. Et dont, les dirigeants, sans jamais se remettre en question, se lamentent de ne pas trouver de candidats.

Ce « vivier d'emploi » est traditionnellement vanté par des ministres, à la peine pour justifier les chiffres mensuels du chômage, tel Laurent Wauquiez qui, en 2010 avait décidé d'assurer la promotion auprès des chômeurs des entreprises de vente à domicile : Amway, fenêtres K par K, sous-vêtements Charlott, Tupperware (...) et quantité d'entreprises de "bien être" comme le très controversé Herbalife. Qui comme chacun le sait, permettent au mieux, de toucher quelques centaines d'euros, avant ... d'abandonner ! (Voir Slovar 5/10/2010) Mais qui, selon notre ministre, devait pouvoir créer 100.000 emplois en 3 ans !
Néanmoins, le discours reste toujours le même : Les chômeurs ne font pas assez d'efforts pour trouver et lorsqu'ils trouvent, ils n'ont pas la formation recherchée par l'entreprise !
C'est ce qu'a expliqué ce mardi, Laurence Parisot, la toujours présidente du Medef, en présentant à la presse, son dernier outil pour lutter contre le chômage. Il porte le joli nom de Tendance emploi compétence (TEC). Selon elle, il s'agit d'un : « outil d'intérêt général » d'une « puissance considérable » qu'« aucune organisation publique n'a fait ces dernières années (...) » nous révèle L'Express
Qu'est ce qui se cache derrière cet outil, d'une puissance considérable, qui serait en quelque sorte un bienfaiteur des chômeurs et des entreprises avides d'embaucher ?
Il s'agit tout simplement d'un baromètre propriétaire basé sur : « (...) 4% des entreprises sondées par le Medef qui auraient abandonné leur recrutement faute de candidat au dernier trimestre 2012 (...) » plus précisemment écrit 20Minutes : « (...) le Medef s’appuie sur 24.350 entreprises avant d’extrapoler ce panel à l’intégralité du secteur privé, pour obtenir ses résultats, soit 1.200.635 établissements en France (...) » C'est dire la fiabilité de l'outil ....
Bien entendu, ce sont exclusivement les chômeurs qui sont la cause de des postes vacants. Ce qui a amusé l'Express : « (...) L'enquête passe, en revanche, sous silence les raisons qui tiennent au comportement des employeurs eux-mêmes qui peinent à trouver la perle rare. Car pour être tout à fait exhaustif, ce baromètre devrait également mentionner le manque d'anticipation, la volonté que le nouvel embauché soit opérationnel " dès demain " ou encore la recherche du clone de l'ancien salarié... Soit autant de critères chers aux recruteurs. De même, la qualité des offres proposées (horaires atypiques, salaires planchers, contrats très partiels...) est un paramètre que les demandeurs d'emploi prennent en compte avant de se positionner (...) »
On retrouve en tête de ce palmarès : « (...) les postes d’employé et d’agent de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration (11.611 postes) (...) » On pourra s'interroger sur le fait que les milliers d'élèves passés par un CAP, un BEP ou un BTS ne parviennent pas à combler le déficit qu'affichent les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration. Il faut dire, que l'idée de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH), qui consistait à mettre en place une part variable dans la rémunération des garçons de café et des serveurs, basée sur les pourboires n'est pas la meilleure des façons pour créer des vocations.
Face à ça, Laurence Parisot propose : « (...) une analyse très fine des "postes non pourvus", éclairant pour chaque métier les raisons des difficultés (savoir-faire, savoir-être, etc.), les "solutions" mises en place par les entreprises pour y pallier (formation, recours à contrat court, réévaluation des salaires, etc.) Le Medef annonce d’ores et déjà 565.520 recrutements pour le premier trimestre 2013, et publiera une seconde vague de son observatoire pour constater à nouveau combien de postes seront restés ou non pourvus »
Au delà d'un baromètre à la fiabilité aléatoire et de chiffres balancés à la volée, on aura soin de prendre connaissance de quelques lignes trouvées dans l'article de l'Express qui expliquent clairement la fin de la citation de Laurence Parisot : « (...) L'enquête Tec doit être réactualisée régulièrement par le Medef. Son rythme, trimestriel ou semestriel, n'est pas encore arrêté. En attendant, Laurence Parisot espère que cet outil sera utilisé à la fois dans le cadre de la conférence sociale de juin mais aussi lors de la négociation sur l'assurance-chômage, qui débutera en septembre 2013 (...) »
En résumé, une autre façon de réaliser ce que Nicolas Sarkozy proposait le 11 février 2012 au travers de son référendum/réforme durcissant les conditions d'indemnisation du chômage

Hé oui, que voulez-vous, les Présidents passent mais le Medef reste ... égal à lui même

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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