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même lui est stressé

 





Stressants et fatigants les trajets domicile-travail ? Sans blague. Le temps et l'énergie dépensés dans les transports en commun ont des répercussions directes sur la santé des salariés et de leur entreprise, avec des tensions et désorganisations à la clef.

Voici, en version rapide, le résultat d'une étude (en pdf) menée par le cabinet Technologia, spécialisé dans l'évaluation des risques professionnels. Ce même cabinet chargé récemment par France Télécom d'enquêter sur le stress de ses salariés, après la vague de suicides.

Cette fois-ci, «l'enquête ne nous a pas été commandée. On a choisi de se pencher nous-mêmes sur ce sujet qui reste trop souvent à la porte des entreprises», précise le sociologue Gérard Rimbert, l'un des auteurs de l'étude. Avec un psychologue du travail et un ergonome, il a interrogé quelque 150 représentants de personnels et directeurs de relations humaines (DRH) en Ile-de-France.

L'enquête compile des témoignages du type: « Il y a trois mois de ça, une femme avait des problèmes d'intégration dus à la fréquence élevée de ses retards (...) C'est un cercle vicieux : le retard épuise mentalement les personnes qui tentent d'être ponctuelles. L'épuisement, la fatigue rendent les personnes plus irritables émotionnellement et par voie de conséquence plus enclines aux conflits. »

La première conclusion des auteurs de l'étude: les employeurs ne prennent pas assez en compte les difficultés de leurs salariés liées aux transports en commun. «La prise en compte de l'impératif du déplacement en transports collectifs en tant que risque psychosocial va rarement au-delà d'une compensation financière», souligne le rapport.

De quel «risque psychosocial» parle-t-on ?

La galère des transports ne s'arrête pas comme par miracle à la porte de l'entreprise. Et se traduit au choix (ou ensemble) par: «un état d'anxiété» lié aux retards possibles et récurrents. «Des stratégies compensatoires» pour rattraper le temps perdu (en se sucrant la pause déjeuner par exemple). Mais aussi des pressions hiérarchiques, voire des licenciements déguisés. Ou encore des évolutions de carrière freinées par le manque de disponibilité.

Plus que le temps passé dans les transports (1h30 aller-retour en moyenne pour les Franciliens), la pénibilité dépend surtout des conditions de transport: rames bondées ou pas, nombre de correspondances et aléa plus ou moins important. «Il y a un coût psychologique spécifiquement lié à l'incertitude, écrivent les auteurs de l'étude. C'est une chose d'admettre que plus d'1h30 de trajet est nécessaire pour rejoindre son lieu de travail, c'en est une autre que ce temps puisse de façon imprévisible être augmenté de 10, 20 ou 30 minutes».

Ainsi, un habitué du Paris-Le Mans peut être moins usé nerveusement qu'un usager du RER, miné par les pannes  à répétition. Le rapport regorge de témoignages: «Moi j'habite à Pontoise. Je prends la voiture pour aller à la gare de Cergy. Après je prends le RER A, pas très agréable et souvent bondé. Et puis soit je prends la navette ou sinon je m'y rends à pied. En temps normal, je mets 40 minutes pour joindre La Défense. Après c'est aléatoire, ça dépend...»

Ce constat fait, quelles conclusions en tirer ?

A la veille des régionales, et alors qu'en Ile-de-France les candidats bataillent sur l'épineuse question des transports, l'étude tombe à point nommé. Le cabinet Technologia se défend de vouloir peser sur le terrain politique. «On constate depuis trois ans une nette dégradation des conditions de transport en Ile-de-France. C'est un sujet important qui mérite d'être débattu. Il faut un Grenelle des transports publics», plaide Jean-Claude Delgenes, directeur général du cabinet Technologia.

Parmi les préconisations (à retrouver ici), le cabinet d'audit propose la mise en place d'un observatoire sur les conditions de transport en région parisienne, sur le modèle de l'observatoire du stress.

Si les élus ont leur rôle à jouer, les employeurs doivent aussi se saisir du problème. Aujourd'hui, le poids du trajet domicile-travail repose entièrement sur les épaules du salarié, déplorent les auteurs de l'étude: «Il faut redéplacer le curseur. L'entreprise doit aussi prendre sa part de responsabilité.» Comment? En aménageant l'organisation du travail par exemple (télétravail, téléréunion, flexibilité...). Mais aussi en intégrant le paramètre «trajet» des salariés dans tout projet de déménagement de l'entreprise. «Quand l'entreprise change de locaux, l'équilibre qu'avaient trouvé tant bien que mal les employés, tombe par terre. Là, l'entreprise a une reponsabilité sociale forte», conclut Gérard Rimbert.

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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