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Puisque les médias se font l’écho de certains avantages en oubliant les inconvénients, voici quelques mises au point:

Dans le public, le nombre d’annuités correspond au temps ou l’on occupe effectivement un emploi, au prorata du temps de travail Par exemple : pour un 90 ou 100 % c’est bien 4 trimestres pour une année; 3 trimestres pour un 70 ou 80 %; et 2 trimestres pour un 50 ou 60 %. Si c’est toujours d’actualité il faudrait 88 ans (si ça passe à 44 ans) de travail pour une personne qui travaille à mi-temps ???

Dans le privé, c’est bien plus compliqué, mais il faut  savoir que le temps partiel compte pour temps plein au niveau des années mais pas au niveau de la liquidation. Cela dépend d’abord des sommes perçues: on valide, pour chaque année civile, un nombre de trimestres correspondant au salaire soumis à cotisations dans l’année. C’est ainsi, pour prendre un exemple, qu’un cadre qui a travaille 3 mois dans une année civile peut obtenir une annuité entière, alors qu’un smicard qui a travaille 3 mois n’obtiendra lui que 0,5 annuité : est-ce bien équitable ? De même, un an de travail à mi-temps compte pour une annuité complète. On rajoute ensuite certaines périodes non travaillées : chômage (en partie), congé parental (sous conditions), etc. …A cela s’ajoutent des bonifications qui différent totalement entre les deux régimes, dont la bonification pour enfant accordée aux mères, Pour les enfants, ça vaut une année dans le public et deux dans le privé !

En résumé il est parfois plus “facile” d’obtenir des annuités dans le privé que dans le public. Voila un exemple qui montre bien les limites de cette comparaison. Prenons l’exemple d’une mère de 3 enfants qui décide de travailler 8 ans à mi-temps pour les élever :

Si elle est dans le privée, elle aura une bonification de 6 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour huit annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein, il lui faudra donc obtenir 40-8-6, soit 26 annuités supplémentaires.

Si elle est fonctionnaire, la bonification sera de 3 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour 4 annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein, il lui faudra donc obtenir 40-3-4, soit 33 annuités supplémentaires!!!

L’égalité devrait être la règle, mêmes cotisations sur les mêmes bases (incluant les primes), même mode de calcul, même âge de départ en tenant compte de la pénibilité (aussi bien pour le privé que pour le public), même nombre de trimestres de cotisation, avec bien sur le même calcul. Rien ne justifie ces disproportions entre le privé et la fonction publique. Les hommes sont libres et égaux en droits. Et bien, c’est raté pour le système de retraite, mais il est vrai que si cela ne touchait que les régimes de retraites, la vie serait belle …

Quand à ceux qui continuent à jalouser les fonctionnaires, il est également utile de leur rappeler que les concours sont ouverts à tous…il n’y a aucuns privilèges ! Ensuite, si vous êtes aigris parce que vous avez-vous-même raté un concours alors que votre voisin ou votre beau frère l’a réussi, on y peut rien ! De toute façon dites vous bien que pour le privé, on alignera bientôt le mode de calcul pour obtenir les annuités sur le public. Tous égaux, mais toujours par le bas !

 

La charge anti fonctionnaire va bien au-delà de la question des retraites. C’est un mode de pensée qui consiste à libéraliser à tous crins et à faire passer au privé les secteurs juteux des services publics. Cela a été le cas pour l’eau, le gaz, l’électricité, les autoroutes… avec le succès que l’on sait pour les consommateurs. Les citoyens ne doivent donc pas céder aux sirènes de la privatisation des services publics et arrêter de hurler au loup avec ceux qui disent les protéger en voulant taper dans les statuts des fonctionnaires. Le service public est le dernier rempart pour l’égalité, la dernière marche avant le démantèlement des acquis collectifs, comme la sécu par exemple.

 

Quant à la ritournelle comme quoi un revenu garanti à vie ne peut en aucune manière être comparé à des revenus dépendants du risque permanent de la perte d’emploi, c’est oublier ce que l’on appelle la RGPP couplée à la loi de mobilité des fonctionnaires. Alors à la place de la guéguerre public/privé, il serait temps que tous ensemble l’on cible les vrais responsables de nos problèmes…

 


 « Le bonheur individuel se doit de produire des retombés collectives, faute de quoi la société n’est qu’un rêve de prédateur! »…Daniel PENNAC

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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