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Près de 70 % des enseignants ont fait grève le 12 février contre le projet de décret ministériel modifiant les rythmes scolaires et contre le projet actuel de Loi d’orientation jugé mal ficelé.

Qui peut croire, en effet, que les rythmes éducatifs dépendent seulement des rythmes scolaires ? Dans une société où le travail est de plus en plus intense, flexible et oppressant, les enfants se voient imposer des journées et des semaines interminables.

La réforme des rythmes scolaires ne peut être mise en œuvre sans une transformation de l’organisation du temps scolaire en lien avec les contenus et la finalité de l’Education et une prise en compte du temps de travail des salariés, usagers du service public d’éducation.

En fait, cette réforme loin d’alléger les semaines scolaires va les alourdir avec ¾ d’heure de temps scolaire transformé en temps périscolaire rendu obligatoire les lundis, mardis, jeudis, vendredis à quoi s’ajoutera la classe le mercredi matin et éventuellement le centre aéré le mercredi après-midi. Les enfants/élèves en seront d’autant plus fatigués.

Se pose également la question de l’accès et de la gratuité des activités éducatives. Comment croire que la compensation accordée par l’état aux communes (9€ par élève et par an) permettra un accueil de qualité ? Dans les faits, la majorité des communes seront tentées d’étendre la pause méridienne, solution la moins couteuse. En conséquence la durée de la journée restera la même, et la semaine sera étendue par une présence le mercredi matin.

Comment croire que l’encadrement sera de qualité quand le ministère abaisse les normes d’encadrement jeunesse et sports, que la majorité des écoles et des communes n’ont pas de locaux suffisants pour accueillir les élèves hors des classes, que la question des écoles en milieu rural n’est pas prise en compte…

Comment garantir l’égalité de traitement des élèves si on transfère des missions à des communes exsangues qui seront tentées de demander une contrepartie financière aux parents.

Le gouvernement ne doit pas accroître les inégalités sociales et territoriales en transférant des missions de l’éducation nationale vers les collectivités territoriales.

Qui peut croire, que la modification des rythmes scolaires résoudra, à elle seule, la question de la difficulté scolaire ? Avant de s’interroger sur la forme, le ministre devrait s’interroger sur le fond :
- revenir en lieu et place d’un socle commun minimaliste de compétences à une culture commune visant à la réussite et à l’émancipation de toutes et tous.
- revenir les programmes de 2008 inadaptés et facteurs d’échec pour de nombreux enfants.
- investir massivement dans des moyens en personnel et dans une réelle formation des enseignants, dans les réseaux d’aide (RASED), le recrutement d’enseignants spécialisés, dans la prise en charge de la difficulté scolaire…
- s’assurer que le remplacement est assuré tous les jours.

Quant aux personnels de l’Education nationale, une réduction journalière de 45 minutes contre une demi-journée de présence supplémentaire ! Quel salarié pourrait accepter un accroissement de sa charge de travail sans en contrepartie une réduction du temps de travail ? En demandant de nouveaux sacrifices aux personnels, le ministre a raté l’occasion de recréer un climat de confiance.

Pour sortir de cette impasse, le ministre doit proposer de réelles améliorations des conditions d’apprentissage des enfants sans aggraver les conditions de travail des personnels. Pour la CGT Educ’action, "Vincent Peillon doit retirer le décret sur les rythmes scolaires et reprendre de véritables négociations. Tous, parents, enseignants, agents des collectivités, salariés de l’éducation populaire, nous sommes concernés par l’avenir de l’école publique, une école qui assure à tous une réelle égalité des droits , une école dont les résultats ne se mesurent pas uniquement en termes de coûts, mais bien dans l’objectif de l’épanouissement de l’individu, de l’apprentissage de la vie en commun et des valeurs de la République."

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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