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Les générations nées à partir de 1955 devront cotiser 41,5 années contre un peu plus de 40 actuellement. Une disposition logique et "nécessaire pour préserver l'équilibre de notre système de retraite", a déclaré le ministre du Travail.

La fin de la retraite à 60 ans est à peine entrée en vigueur que la polémique renaît. En effet, le Conseil d'orientation des retraites (COR) devrait rendre, mercredi 6 juillet, un "avis technique" préconisant un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une pension à taux plein. Soit une durée augmentée d'un trimestre à 41,5 années pour les générations nées à partir de 1955.

Ce durcissement résulterait d'une "application mathématique" de la réforme Fillon de 2003, qui prévoit que la durée de cotisation doit être relevée quand l'espérance de vie à 60 ans augmente. Or, celle-ci aurait crû plus vite que prévu, gagnant un an en quatre ans pour atteindre 24,42 ans. Un niveau qui n'était pas attendu avant 2020 et qui devait concerner la génération née en 1958.

La durée de cotisation est actuellement de 40 ans et 3 trimestres pour la génération 1951 et doit passer à 41 ans en 2012 pour la génération 1952. La réforme des retraites de 2010 a prévu qu'elle passerait à 41 ans et un trimestre pour les retraités nés en 1954, mais sans rien préciser pour les générations ultérieures. L’"avis technique" du COR est susceptible de remettre en cause ce statu quo.

Double peine

S'il est suivi par le gouvernement, les personnes nées à compter du 1er janvier 1955 seraient les premières à devoir travailler jusqu'à 62 ans et à devoir cotiser 41 ans et demi, soit 166 trimestres, pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Ce que FO qualifie de "double peine". Un jugement partagé par Jean-Louis Malys, chargé des retraites à la CFDT. "La logique de la réforme des retraites de 2003, c'était ‘on maintient les 60 ans et on va relever la durée de cotisation en fonction des gains d'espérance de vie’, explique-t-il. Mais le cumul des deux mesures, le recul de l'âge légal à 62 ans et l'allongement de la durée de cotisation, n'est pas acceptable. On a eu les premières victimes de la réforme de 2010, et là on aura d'autres victimes collatérales".

Les autres syndicats sont également très remontés. "L'objectif que s'est fixé le gouvernement et le président Sarkozy, c'est de faire baisser le niveau des pensions : cette mesure le confirme complètement", dénonce ainsi Eric Aubin, chargé des retraites à la CGT. La CFTC y voit de son côté "une véritable provocation pour les travailleurs".

Enfin, les syndicats contestent le mode de calcul de l'espérance de vie à 60 ans. En effet, cette donnée est censée mesurer le temps moyen dont bénéficient les anciens salariés pour leur retraite. Or, compte tenu de la nouvelle réforme, plus aucun salarié ne pourra partir avant ses 62 ans.

Xavier Bertrand entérine

Raphaël Hadas-Lebel, président du COR, a, lui, rappelé que l'avis technique demandé à l'organisme "ne constitue en aucune manière une préconisation". "Il s'agit d'effectuer un constat factuel dans le cadre du dispositif législatif et réglementaire en vigueur", a-t-il insisté. Ainsi, seul le gouvernement pourrait entériner une telle mesure en publiant un décret avant la fin de l'année.

Dont acte. Ce matin, sur Europe 1, Xavier Bertrand a annoncé la publication d'un décret en ce sens, "parce que c'est logique" et "nécessaire pour préserver l'équilibre de notre système de retraite". Le ministre a souligné que c'est "tout simplement l'application de la loi de 2003". "Nous ne faisons qu'appliquer les textes", a-t-il dit.

(Source : L'Expansion)

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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