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Les syndicats franchissent une nouvelle étape avec cette troisième journée de mobilisation marquée par l’afflux de jeunes, de nouveaux manifestants. Un "fait politique", commente Bernard Thibault
En voilà une idée qu’elle est bonne : demander à l’UMP d’organiser une manif pour défendre son projet et de compter les participants. Elle émane de Didier Turrini, secrétaire départemental CGT dans les Alpes-Maritimes, qui en a assez de la guéguerre de chiffres à laquelle se livre le pouvoir pour minimiser la mobilisation. "Si on n’est que 8.000 à Nice ce samedi, je propose à l’UMP d’organiser une manifestation pour la retraite à 62 ans, et on verra combien ils sont".
Samedi soir, c’est une fois de plus Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, à qui est revenu la délicate tâche de mettre en musique le refrain gouvernemental d’une mobilisation déclinante. "Chacun reconnaît ce soir qu’il n’y a pas d’amplification du mouvement alors qu’on pouvait penser que l’organisation d’une manifestation le samedi drainerait de nouveaux publics", a-t-il affirmé à l’AFP. "J’entends les déclarations des responsables syndicaux qui évoquent un mouvement dans les mêmes eaux ou peut-être en dessous par rapport au 23 septembre", a poursuivi Luc Chatel. Lequel entend mal : "C’est une nouvelle fois près de 3 millions de manifestants qui sont descendus dans la rue pour crier leur opposition au projet de réforme des retraites", a écrit la CGT dans un communiqué, pointant ce que Luc Chatel ne veut pas voir ; "des milliers de salariés ont participé à leur première manifestation. Cette mobilisation résolue et grandissante ne peut rester sans réponse. Le gouvernement doit maintenant prendre la mesure de la colère des salariés et citoyens de ce pays", a ajouté la centrale.

"Le mépris ne peut pas être une nouvelle fois la réponse aux millions de manifestants", a-t-elle ajouté, en appelant "à faire du mardi 12 octobre, par la grève et les manifestations, un moment déterminant pour la suite de la mobilisation".
La CFDT avait annoncé auparavant "autour de 2,9 millions" de manifestants samedi, soit "sensiblement le même nombre" que le 23. La police a compté pour sa part 899.000 manifestants en France, "en baisse" de 98.000 par rapport au 23, on continuera d’admirer la précision au millier près des chiffres officiels.
Plus qu’en 1995
Le nombre de manifestants samedi a dépassé ceux de 1995 et 2003 (2,2 et 2 millions) et égalé le pic de 2009 mais aussi le pic de la mobilisation contre le CPE en 2006 (3 millions), si l’on compare les chiffres CGT. Le 7 septembre, la CGT avait compté 2,735 millions de personnes et la CFDT 2,5 millions.
Autre dimension demeurée dans l’angle mort du gouvernement, la présence de jeunes et de salariés du privé dans ces cortèges. "C’est pari réussi dans ce sens", a estimé la dirigeante de la FSU, Bernadette Groison. "On rassemble des salariés, des jeunes, des familles (...), des manifestants qu’on ne voit pas habituellement".A Nice,derrière la banderole de tête, une autre annonçait la présence de jeunes, proclamant "Les étudiants ne battent pas en retraite". Des salariés du privé -Thalès, Nice Matin, Ciments Lafarge, Carrefour notamment - se trouvaient également dans le cortège. En province, la mobilisation était en hausse à Toulouse, Nantes, Lyon ou encore Bordeaux, selon les syndicats. En revanche, à Marseille, les organisateurs ont fait état d’une participation en baisse, passant de 220.000 à 150.000 manifestants en neuf jours.
Intersyndicale lundi
Si les grandes centrales divergent sur le bien-fondé de lancer une grève reconductible, elles ont d’ores et déjà programmé une nouvelle journée d’action, avec grèves à la clé cette fois, le mardi 12 octobre.
Le projet de loi, dont la mesure phare est le relèvement de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite, sera alors en cours d’examen par les sénateurs, auxquels les syndicats réclament des modifications substantielles. Car "ça fait trois fois de suite qu’on est toujours au même niveau", s’est félicité François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. "Réunir trois fois trois millions de personnes, c’est forcément une réussite", renchérit le n°1 de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, pour qui le gouvernement est "complétement gelé" sur sa réforme. "On ne reculera pas", a prévenu Bernard Thibault. "On gardera cette fermeté et ce soutien populaire nous engage à continuer", a déclaré en écho François Chérèque, qui réclame "des gestes apaisants du gouvernement pour enfin ouvrir le dialogue et construire une vraie réforme". L’intersyndicale qui se déroulera lundi soupèsera l’ensemble de ces données nouvelles : des jeunes, de nouveaux manifestants, et une mobilisation inscrite dans la durée, le fait n’est pas si fréquent.

 

 



Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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