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Le politicard est un être humain comme les autres. Enfin presque. Car un examen attentif permet tout de même de voir quelques différences avec un quidam ordinaire. Un seul exemple. Lorsque le quidam fait son marché, habillé comme un dimanche matin, c’est à dire mal, il déambule entre les étals à la recherche de tomates, de carottes ou de salades, jaugeant la qualité, comparant les prix. Le pol iticard, lui, ne va pas sur les marchés, il n’a pas que ça à foutre. Sauf les trois dimanches avant les élections, quelles qu’elles soient. Mais il ne vient pas pour les légumes. Endimanché, l’air faussement jovial, accompagné de quelques militants qui pourraient le cas échéant servir de gardes du corps, il distribue des tracts à la gloire de ses dons thaumaturgiques, comme celui de vaincre le chômage ou le marasme économique. Ou l’immigration chez quelques spécimens… Car on peut éventuellement observer quelques variations selon les partis… Enfin, sur les programmes, car dans la réalité, lorsqu’ils sont élus, les politicards appliquent principalement le programme de la Troïka et du MEDEF. Bref.

Mais ce n’est pas le sujet du jour. On va plutôt brosser un portrait comparé du quidam et du politicard lorsque pour leur malheur (et dans les deux cas pour notre bien) ils sont confrontés à la justice.

D’abord, le quidam ordinaire va au tribunal à pied. Ou en bus, en métro, en bagnole, en train (c’est de plus en plus loin). Ou carrément entre deux flics. Il arrive que le politicard y aille en jet privé. C’est une première différence. Autre différence, le quidam ordinaire se rend devant la justice à reculons, la trouille au ventre. Il fait profil bas. Il se tait. Il faut dire que personne ne lui demande ses impressions.

Ce qui n’est pas le cas du politicard. Tout ce que le pays compte de journalistes, enfin ceux qui ne sont pas préposés à la surveillance de la couleur de la fumée de la Chapelle Sixtine, ou à la confection de radios-trottoirs sur la météo hivernale, veut absolument connaître ses sentiments.

Dans ces circonstances contraires, le politicard s’exprime rarement directement. Il délègue son avocat (pardon, un de ses avocats), généralement choisi parmi les plus chers, et donc censément les plus efficaces de la place. Le stagiaire qui découvre le dossier un quart d’heure avant l’audience et qui se contentera de plaider d’un air faussement convaincu l’enfance malheureuse et la volonté de se réinsérer du prévenu, c’est juste bon pour le quidam, pas pour lui.

L’avocat du politicard affirme donc sans rire que son client est heureux de pouvoir s’expliquer devant la justice, où sa bonne foi et son innocence éclateront évidemment devant la terre entière. D’ailleurs on se demande comment quiconque peut en douter.

Un point commun entre les deux : le quidam comme le politicard sont “présumés innocents”. Le quidam qui vient de se faire gauler en flagrant délit de tirage d’iPhone dans le métro pour la troisième fois de la semaine est lui aussi présumé innocent. Cette rengaine sur la “présomption d’innocence” commence d’ailleurs à me les briser menues. Oui, avant d’être condamné, tout justiciable est présumé innocent.

Mais chez le politicard, “présumé innocent” se transforme systématiquement en “forcément innocent”. C’est même la preuve de son innocence. Parce que c’est lui, enfin. Il ne peut pas être confondu avec cette racaille sordide. Il a quand même plus de classe, lui. Quand il soutire 150000 euros à une vieille dame, il choisit la plus riche du monde. Quand il va planquer quelques millions d’euros, ce n’est pas l’argent du braquage du tabac du coin, et il ne va pas le mettre chez Dragomir le fourgue d’Aubervilliers : c’est de l’argent de la corruption, de la fraude fiscale, ou de la rétrocommission, de l’argent qui sent le manteau de vison, le cuir Connolly ou la frégate taïwanaise, et qui va être mis au coffre par la banque UBS de Genève, qui même si “elle n’est pas forcément la plus planquée des banques”, connaît les bonnes manières avec ses riches clients.

Le voleur de téléphones baisse la tête et devant le juge, se contente de nier les évidences par principe, avant d’accepter, résigné à l’avance, sa condamnation. Il ne fera même pas appel, il veut en finir au plus vite. Et s’il n’est pas assez pauvre pour avoir un avocat gratuit, toute prolongation de la procédure lui coûtera trois mois de salaire. Souvent d’ailleurs, il ne comprend même pas la sentence, ne sait pas s’il va en taule ou non, son avocat commis d’office doit lui expliquer.

Le politicard, lui, hurle à son honneur outragé, envoie sa clique de perroquets d’élevage inonder les médias avec les éléments de langage préparés par des marchands de lessive, et lance une armée d’avocats sur la trace d’une “question prioritaire de constitutionnalité” ou autre artifice de procédure destiné à noyer le poisson (et le dossier en même temps, la prescription n’est pas si loin…). Si la décision ne lui convient pas, il fera appel, il se pourvoiera en cassation, il invoquera la cour de justice européenne, ou que sais-je encore. Et si au final il était tout de même condamné, il prendrait le peuple à témoin pour hurler à l’erreur judiciaire.

Tout, il faut tout changer. Ce système est vicié du sol au plafond.

Non seulement le système actuel n’interdit pas aux ambitieux incompétents de se présenter, mais c’est l’inverse ! Il empêche tout compétent non prétentieux d’avoir la moindre chance. Les médias des puissants n’invitent que ceux qui leur conviennent, distribuant bons et mauvais points (les bons points étant pour les plus serviles thuriféraires du libéralisme, y compris et surtout s’ils sont incompétents et malhonnêtes) n’hésitant pas à qualifier de “populistes”, (comme si s’occuper des intérêts du peuple était une insulte) ceux qui osent dévier des dogmes libéraux de l’exercice imposé. Quant à ceux qui ne passent pas dans les médias , ils n’existent pas, c’est aussi simple que ça. Ces politicards devraient être nos esclaves, obéir à nos ordres, se mettre en quatre pour que nos souhaits se réalisent. Au lieu de ça, ils ont renversé le schéma, se sont érigés en statues du haut desquelles ils nous contemplent avec une suffisance insupportable. Réfléchissons ensemble aux moyens à mettre en œuvre pour empêcher les médias et les carriéristes nuls et corrompus de piper le choix de nos représentants. Et de mettre en place une Démocratie, une vraie.

source

 

« La politique c’est l’art d’agiter les peuples avant de s’en servir’…TALLEYRAND


Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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