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Menacée par les divergences entre partenaires européens, le programme d'aide alimentaire au plus démunis restera en vigueur encore deux ans, jusqu'en 2014, l'Allemagne ayant accepté de maintenir "temporairement" sa contribution financière.

"Je suis profondément heureux du déblocage par les Etats membres des plans 2012 et 2013 de distribution alimentaire aux plus démunis", déclare Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, après la décision européenne d'y consacrer 500 millions d'euros par an pendant deux ans encore sous la pression de la France. "J'ai d'ores et déjà demandé à mes services de se mobiliser pour que tout soit prêt afin d'assurer la continuité du programme cet hiver", ajoute-t-il. Une nouvelle saluée par les associations concernées, notamment les Restos du Coeur. "C'est un soulagement pour les plus démunis", a estimé Olivier Berthe, président de l'association. En échange, la France et l'Allemagne doivent s'engager pour qu'en 2014, ce PEAD ne soit plus financé par l'Union européenne.

Les banques alimentaires n'obtiennent en effet qu'un sursis puisque la ministre allemande de l'Agriculture, Ilse Aigner, a clairement signifié lundi que l'Allemagne, principal contributeur au PEAD, n'envisageait aucune mesure sociale de ce type au-delà de 2014. L'aide, fondamentale pour les banques alimentaires, menaçait de disparaître en raison de la fronde de six pays (Allemagne, Suède, Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas, République tchèque) qui estiment que la politique agricole commune (PAC) n'a pas à financer l'aide aux plus démunis. Ils s'appuyaient sur une décision d'avril 2011 de la Cour européenne de justice stipulant que le programme, lancé en 1986, a dévié de son objectif initial, qui était d'utiliser les surplus agricoles engendrés par la PAC. Le budget avait été ainsi révisé pour 2012 à 113,5 millions d'euros.

Plus de 18 millions de personnes bénéficient chaque année du PEAD dans les vingt Etats membres participants. Selon la Commission européenne, 51% des produits distribués en 2010 par les banques alimentaires provenaient de ce programme. En France, l'aide aux plus fragiles en dépend à près de 70%. Le président du Secours populaire français, Julien Lauprêtre, dénoncait le 17 octobre dernier dans l'Humanité que "si les autorités européennes ne reviennent pas sur leur décision, un désastre alimentaire sans précédent menace des millions de familles".

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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