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Malgré la crise, nos multinationales affichent des résultats insolents dont bénéficient patrons et actionnaires. Pour les salariés, quelques miettes. Et pour l'investissement, on repassera.


Intéressante étude publiée, jeudi 5 janvier, sur le partage de la valeur dans les entreprises du CAC 40. L’agence de communication Euro-RSCG s’est livrée à une radiographie des résultats des grandes entreprises françaises de 2006 à 2011, qui donne de précieux enseignements sur la façon dont les énormes profits générés par ces fleurons du capitalisme ont été répartis entre actionnaires, salariés, patrons et investissements.

D'abord, pour qu’il y ait partage, il faut qu’il y ait richesse. Ce constat tautologique ne va pourtant pas de soi lorsqu’on prend la période considérée, qui couvre la plus grave crise depuis la dépression des années 1930. Malgré tout, le CAC 40 a continué à en créer. Ainsi, le cash flow (flux de trésorerie d’exploitation) progresse de 22%, la rentabilité opérationnelle de 13% et les bénéfices nets de 10% en moyenne sur les cinq dernières années.

La part redistribuée aux actionnaires a augmenté de 31% de 2006 à 2011, grâce à un maintien des dividendes et à des rachats d’actions réalisés par les entreprises, qui ont permis de réduire le nombre de titres en circulation et donc d’en augmenter la valeur unitaire. Pour autant, tout n’est pas rose pour l’actionnaire : les cours se sont effondrés de 30%. In fine, les actionnaires ont donc perdu 18% de leur mise en cinq ans.

En revanche, pour les patrons, tout va bien. Leur rémunération a progressé de 34% depuis 2006. Pourquoi plus vite que les bénéfices ? Mystère... Bref, le code Afep-Medef, qui a tenté d’apporter un peu de transparence dans ce domaine, a encore beaucoup d’efforts à faire pour obliger les entreprises à plus de pédagogie afin de mieux traquer les aberrations. D’ailleurs, Euro-RSCG appelle dans son étude les entreprises à mieux justifier les évolutions, et surtout demande que celles-ci soient non seulement étroitement liées à celle des bénéfices mais aussi à des critères plus sociétaux (satisfaction clients, mixité des effectifs, efforts en faveur de l’environnement…).

Concernant les salariés, en cinq ans, les augmentations ont suivi le rythme de l’évolution des marges opérationnelles avec une progression de 13%. Les salariés des entreprises de moindre taille ne peuvent pas en dire autant. Même constat pour l’emploi : les effectifs ont augmenté de 10%, ce qui représente in fine une progression de 25% de la masse salariale. Deux bémols toutefois à ce constat plutôt positif et qui, encore une fois, constitue une exception par rapport à l'immense majorité des entreprises françaises : d’abord, la plupart des emplois ont été créés à l’étranger; ensuite, il existe une progression inquiétante de la précarité. Plus d’un tiers des emplois du CAC 40 sont «précaires», c’est-à-dire qu’il s’agit de contrats à durée déterminée, de temps partiels subis, de stages ou d’emplois en-dessous du niveau de qualification.

Quant aux investissements, ils se sont écroulés de 24%. Un chiffre à mettre sur l’effet cyclique de la crise qui a conduit les grandes entreprises a réduire drastiquement leur endettement pour rassurer les marchés (25 des 40 groupes de l’indice parisien ont réduit leur dette depuis 2009).

Enfin, dernier item abordé par l’étude : la fiscalité, qui augmente de 21%. Euro-RSCG conclut un peu trop vite de ce chiffre qu’«il n’y a pas eu de délocalisation fiscale». Mais ce n’est pas parce que l’impôt augmente (ce qui est normal, vu l’évolution des bénéfices) que les entreprises ne font pas, parallèlement, de l’optimisation fiscale.

(Source : Le Monde)

Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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