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Lorsque le livre : « Le scandale des délocalisations » d'Eric Laurent, que nous avons interviewé, il y a quelques mois est paru, il ne s'est pas trouvé grand monde à l'UMP pour constater que la désindustrialisation qui en découlait, était un sujet prioritaire.

Et pourtant, Eric Laurent déclarait : « (...) Une part croissante de l’opinion se sent totalement impuissante face à la passivité des responsables politiques. Or tout système vacille lorsqu’il apparaît comme trop injuste à ses citoyens. Les entreprises du CAC 40 viennent de réaliser des bénéfices de 80 milliards de dollars. Or, sur l’autre versant elles ont fait passer leurs effectifs en France de 50% à 28%. Il faut savoir que toute entreprise qui délocalise ne détruit pas seulement des emplois mais aussi de la richesse nationale (...) »

En octobre 2011, Xavier Bertrand constatait que la France métropolitaine comptait 4,193 millions de chômeurs, en octobre 2011 et 4,459 millions en incluant les DOM. Ce qui ne l'inquiétait pas outre mesure, puisqu'il déclarait en décembre : « (...) Je pense sincèrement que les efforts que nous avons entrepris sont en train de porter leur fruits, pour éviter justement qu'il y ait une augmentation importante du chômage (...) »

Oui, mais c'était sans compter sur les très nombreuses annonces de réductions d'effectifs qui devaient théoriquement être programmés après la présidentielle. Devant l'urgence, l'Elysée nous a ressortit le Président qui aime les usines, oubliant sans doute par négligence, de nous reparler des Etats résultats des généraux de l'industrie (15 octobre 2009 à fin février 2010), qui avaient : « pour objectif d'accompagner, au delà de la crise actuelle, l'industrie française vers les marchés durablement porteurs de croissance et d'emploi »

Devant cet échec, l'UMP, angoissé par la présidentielle et les législatives à venir, dans un argumentaire naïf et bourré de mauvaise foi, destiné aux militants, indique ses recettes pour : « Réindustrialiser la France et sortir de la crise »

Selon l'UMP, il suffirait d'augmenter le temps de travail de ceux qui en ont un, afin de produire en plus grande quantité, des produits « Made in France aussi reconnus que le Made in Germany », et remettre au goût du jour la taxe carbone et de la TVA sociale : « pour corriger la concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales et économiques »

Qu'apporteraient ces solutions qui sont un résumé des demandes du Medef et de l'AFEP ?

Eh bien tout simplement, de faire fonctionner les entreprises avec un personnel restreint, qui travaillerait plus sans gagner plus, puisque la flexibilité horaire ne déclencherait plus d'heures supplémentaires ! On notera au passage que l'UMP n'indique pas de quel ordre serait la compensation des cadres (dont beaucoup ne touchent pas plus de 2000 € mensuels) en contre partie de la suppression de leurs RTT.

Or, face à l'injonction du « produire plus », n'importe quel chef d'entreprise ou salarié vous répondraient que si produire en grande quantité relève de l'organisation du travail, cela n'a aucune valeur, si vous ne ne trouvez pas de clients disposant d'un pouvoir d'achat suffisant, pour les acquérir.

Mais l'objectif du Président repris par l'UMP n'est pas d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés français, ce qui leur permettrait de consommer plus de produits fabriqués en France. L'objectif est de produire plus de produits, sur le sol français, pour les exporter vers des pays à forte croissance ou fort pouvoir d'achat. Comme le fait l'Allemagne.

Et peu importe si les salariés français devraient réduire leur propre consommation du fait de la stagnation de leurs salaires et du renchérissement du prix des produits taxés, du moment que les actionnaires profiteraient d'un tel système.

Quant aux chômeurs, dans son argumentaire, l'UMP n'indique pas s'il envisage de créer, comme en Allemagne des emplois consistant à : « (...) trier des papiers à la paroisse d’à côté, ou de répondre au téléphone dans une maison de retraite. Six heures par jour, trente heures par semaine, payées 1 euro de l’heure (...) » ou des mini jobs payés 400 euro par mois, au fait que grâce à ces mesures l'économie allemande est : « (...) redevenue florissante ! (...) »

Il y a peu, le député UMP Jean-Michel Fourgous proposait que les pro­fes­seurs d'économie effec­tuent un stage en entre­prise avant d'enseigner. On serait tenté de proposer la même chose aux élus et communicants de l'UMP !

 

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Tag(s) : #INFOS SYNDICALES

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